(AFP
- 16/11/2009)
Plusieurs témoins ont corroboré lundi des
allégations de torture lors du procès à Istanbul de gardiens de prison accusés d'avoir
battu à mort un détenu, a rapporté l'agence de presse Anatolie.
La mort en octobre 2008 du militant de gauche Engin
Ceber, âgé de 29 ans, après un séjour à la prison stambouliote de Metris, a provoqué
l'indignation en Turquie et cette affaire est suivie de près par les défenseurs des
droits de l'Homme, qui affirment avoir constaté une recrudescence de la torture dans le
pays.
Quatre détenus qui partageaient la cellule de la victime
ont affirmé devant un tribunal stambouliote avoir vu des gardiens battre Engin Ceber. Peu
avant sa mort, le jeune homme s'est évanoui après avoir été battu mais les gardiens
ont refusé de prendre en compte son état et ce sont ses compagnons de cellule qui l'ont
conduit à un médecin plus tard dans la journée, a affirmé Murat Gevrek, un des
témoins, cité par Anatolie.
Au cours de ces séances de coups, la tête de Ceber a violemment percuté un mur, a
expliqué Giyasettin Sakiroglu, un autre détenu.
Soixante fonctionnaires sont jugés depuis janvier pour
la mort du jeune homme: trois directeurs de prison, 39 gardiens, 13 policiers, quatre
gendarmes et un médecin.
Le ministère public a inculpé quatre gardiens de prison pour actes de torture aggravés,
un crime passible de l'emprisonnement à vie. Dix-sept prévenus encourent de deux à cinq
ans de prison pour maltraitance et six autres risquent de quatre mois à un an de prison
pour coups et blessures volontaires.
Les autres accusés doivent répondre de délits
moindres.
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