La défaite d'Angie
Murat Vasif ERPUYAN
18/09/2005
Malgré la politique économique mitigée et contre toute
attente Shroeder n'a pas vraiment perdu. Mais, Angela Merkel, considérée depuis des
mois, comme vainqueur est la véritable perdante de ces élections législatives.
A la lumière des premiers résultats je pense que le peuple allemand a rejeté la
campagne basée sur la peur, le repli et le populisme d'Angie
La peur et le rejet de
la Turquie n'ont vraiment pas apporté de l'eau au moulin des conservateurs, il n'était
pas possible de faire oublier les considérations économiques par la peur de l'autrui. Le
premier ministre sortant n'a pas cédé sur ce point, contrairement au Parti de gauche qui
comme Merkel a choisi un discours totalement incompatible avec son étiquette de gauche. A
ce propos, il est intéressant de noter que ce parti de gauche obtient un quart des votes
en Allemagne de l'Est (il existe énormément de chose à dire sur ce fait).
C'est une très bonne chose, que Merkel perte la chancellerie, car un gouvernement qui met
l'accent sur la peur des Turcs aurait des effets néfastes d'abord en Allemagne où vit
presque 3 millions de personnes originaires de Turquie et ensuite pour l'U.E. poussée par
Merkel pouvait risquer la rupture avec la Turquie.
De même au Pays-Bas aussi, il n'est pas possible de mener une politique anti-turc pour la
paix sociale, puisque le nombre des originaires de Turquie atteint quelques 400 mille
personnes.
Il est souhaitable que ces élections législatives
accélèrent l'intégration des originaires de Turquie dans ce pays et l'effort de
compréhension mutuelle. Désormais les originaires de Turquie doivent éprouver le besoin
de prendre la place qui leur appartient dans cette société où ils ne sont plus depuis
longtemps des travailleurs invités mais des citoyens à part entière. Ils doivent
s'intéresser à la vie sociale et politique en cette qualité de citoyen tout en ayant un
lien avec la Turquie. Il existe désormais 3 à 6 députés allemands issus de cette
immigration. Ce sont des Allemands.
J'espère aussi que les politiciens de tout bord et dans
tous les pays de l'UE, et notamment en France, comprennent que la peur de l'autre n'est
pas une stratégie payante. En fin de compte le peuple n'apprécie pas les politiciens
populistes qui caressent dans le sens du poil, mais, après une résistance éphémère,
préfère ceux qui ont le courage et la vision. Le repli sur soi et la peur sont contraire
à l'idée européenne basée sur la paix et la compréhension.
Les premiers résultats des élections allemandes renforcent mes espoirs, la mode qui
consiste à exploiter les peurs est dépassée
|