Les représentants de l'opposition irakienne réunis jeudi au Kurdistan irakien ont averti la Turquie qu'elle s'exposerait à des «conséquences graves» en intervenant en Irak, mais ont dit être prêts à discuter de cette question avec Ankara et Washington.
«L'opposition irakienne est unie dans son hostilité à toute intervention» turque, a déclaré Hoshyar Zebari, responsable du Parti Démocratique du Kurdistan (PDK), désigné porte-parole des partis de l'opposition actuellement réunis à Salaheddine, près d'Erbil. Il s'agit du «point de vue unanime de toute l'opposition», a-t-il assuré.
«Ceci aura de graves conséquences sur la campagne en Irak», a-t-il ajouté, «cela constituerait un facteur de déstabilisation, il y aurait des problèmes, il y aurait des affrontements», a-t-il mis en garde.
«Nous avons décidé de dépêcher une délégation de haut niveau pour des discussions multilatérales avec les Etats-Unis et la Turquie. Nous espérons recevoir une réponse positive», a-t-il poursuivi.
La Turquie, qui a déjà déployé plusieurs milliers de soldats derrière la frontière au Kurdistan, entend renforcer sa présence dans le nord irakien en invoquant notamment ses intérêts ainsi que la nécessité de s'occuper des réfugiés poussés là par une guerre.
Réaction turque
La Turquie a mis en garde jeudi les groupes kurdes d'Irak contre des «déclarations provocatrices» à un moment où Ankara compte renforcer sa présence militaire dans le nord irakien.
«Nous souhaitons qu'aucun groupe (d'opposition) du nord de l'Irak ne fasse de déclarations provocatrices», a indiqué le porte-parole de la présidence, Tacan Ildem, lors d'un point de presse.
Il a indiqué que la Turquie suivait de près les développements dans le nord de l'Irak, qui échappe au contrôle de Bagdad depuis la fin de la guerre du Golfe en 1991, soulignant les intérêts de son pays dans cette zone administrée par deux principales factions kurdes.
Des ressortissants vont quitter Bagdad
La Turquie a appelé jeudi ses ressortissants à quitter l'Irak voisin alors que son parlement se préparait à autoriser le déploiement de troupes américaines dans le pays, en prévision d'une guerre, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, cité par l'agence Anatolie.
«Au vu des développements dans la région, il est conseillé aux citoyens turcs, pour leur sécurité personelle, de quitter ce pays dans les plus brefs délais», précise le communiqué.Le document appelle en outre les Turcs à ne pas se rendre en Irak.
La Turquie a évacué son ambassade à Bagdad par précaution, pour parer à d'éventuels «actes incontrôlés» résultant de la décision du gouvernement d'ouvrir son territoire aux troupes américaines, avait annoncé mercredi le ministère des Affaires étrangères.