hautdroite2.gif (179 octets)

Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

LA TURQUIE DANS LA PRESSE FRANCAISE

--- Retour ---

La guerre annoncée vue par la presse turque

Nur Dolay
Le Monde - 27/02/2003

 

Les relations avec les Etats-Unis et la question kurde sont au cœur des interrogations.

Oktay Eksi, éditorialiste du grand quotidien populaire Hürriyet, est l'un des rares à s'interroger sur l'arrivée du matériel militaire américain dans le port d'Iskenderun, au sud de la Turquie. "Nous sommes ici dans une confusion totale. D'un côté, des soldats américains atterrissent à Diyarbakir, en même temps que des équipes aux missions et aux identités secrètes passent par le poste frontalier de Habur pour entrer en Irak ; de l'autre côté, les mêmes Etats-Unis sont furieux contre la Turquie, qui ne leur accorderait pas le soutien nécessaire."
L'arrivée de soldats et de matériel militaire américains sur le sol turc avant même que le Parlement turc ne débatte de l'autorisation d'une telle présence aurait dû soulever bien des interrogations dans une presse prompte, depuis quelques semaines, à s'indigner des pressions américaines. Mais, curieusement, l'événement ne provoque plus guère que quelques commentaires sarcastiques. Le quotidien kémaliste Cumhuriyet éclaire un peu plus les coulisses de ce débarquement : les préparatifs iraient jusqu'à l'été, et l'utilisation des ports de Samsun et de Trébizonde, sur la mer Noire, aurait également fait l'objet de discussions. "On peut désormais affirmer comme étant sûr et certain que les Etats-Unis envisagent de se servir de la Turquie comme d'une base logistique centrale pour des opérations visant non seulement l'Irak et ses voisins, mais également le pourtour de la mer Caspienne", avertit le quotidien d'opposition de gauche.

Pour les autres, il s'agit presque d'un fait divers banal. Milliyet parle du "visiteur de minuit" en allusion au navire américain Tellus, de 194 mètres, qui trône dans le port d'Iskenderun, entouré de vedettes américaines et turques. Les photos de la précieuse cargaison, 522 véhicules militaires débarqués dans la nuit du 20 février, ne trouvent de place que dans les pages intérieures de la plupart des journaux.

DÉSACCORD PÉCUNIAIRE

Pourtant, voici encore peu, les grands quotidiens étaient presque unanimes à dénoncer le "chantage" et les "pressions" des Etats-Unis. "C'est désormais la période des menaces ouvertes", commentait tout récemment Yeni Safak, proche du gouvernement. Le chantage se résume à deux phrases : "Vous resterez seuls, vous le paierez". Et le quotidien islamiste de s'insurger : "Quel est donc le prix que devra payer la Turquie ? Est-ce un embargo économique, des assassinats non élucidés, des bombes qui vont exploser par-ci par-là, une déstabilisation politique ? Quoi exactement ?" Et le journal conclut : "L'Amérique n'est pas notre amie. Elle ne l'a jamais été."

Le déséquilibre des relations avec les Etats-Unis est au cœur des interrogations. Sabah souligne qu'il est largement temps de s'interroger sur la nature d'une alliance "qui ne prévoit aucune coopération économique en temps de paix, mais qui appelle au front, au cri de "hourra !", en temps de guerre". Et le quotidien libéral poursuit : "Si Washington attend d'Ankara l'attitude et la politique d'un véritable allié, il doit lui-même se comporter d'abord comme tel."

La presse turque regrette également que les vrais sujets de discorde entre les deux capitales soient occultés délibérément par Washington, qui cherche à les réduire à un simple désaccord pécuniaire. "On donne à l'opinion mondiale l'image d'un marchandage honteux pour de l'argent", affirme Milliyet. Or, pour le quotidien libéral Radikal, les réticences d'Ankara sont aussi liées à d'autres considérations, notamment le rôle des Turkmènes à la restructuration du nord de l'Irak et de l'armée irakienne.

Ankara s'inquiète en effet d'une éventuelle émancipation kurde. Pour Milliyet, "la vraie raison du refus, c'est cette carte", publiée à sa "une". Une grande carte en couleurs d'un Kurdistan qui s'étendrait du nord de l'Irak sur tout l'est et le centre de la Turquie, jusqu'à proximité de la mer Noire et même d'Ankara. Une carte qui aurait été prise sur le site Web "officiel" du "gouvernement régional du Kurdistan" et illustrerait les intentions prêtées à Washington. Pour Cumhuriyet, "la création d'un Etat kurde dans le nord de l'Irak est déjà chose faite, mais personne n'ose le dire..."

       

[Présentation] [Press-Book] [Album] [Activités] [Actualités] [Nous Contacter] [Olusum/Genese]
[Dossier O/G] [Editions A TA TURQUIE] [Bibliographie] [Bibliothèque] [Poésies] [Hommage] [Galeries]
[Exposition] [Manifestations] [Annuaire] [Annonces] [Informations] [Liens] [Carnet Rose] [Quoi de Neuf]

Copyright 1999-2000 © Site créé par ATATURQUIE
Tel : 03 83 37 92 28 / Fax : 03 83 37 83 30 / poste@ataturquie.asso.fr
Webmaster :
Dominique SOUTREL
Site optimisé en 1024 x 768 pour Microsoft Internet Explorer 5

basdroite.gif (174 octets)