| Un plan saoudien pour renverser Saddam Hussein Laure Manent Le Figaro - 18/01/2003 IRAK L'Arabie saoudite, l'Égypte et la Turquie réfléchiraient à une alternative à la guerre Selon le magazine américain Time, l'Arabie saoudite, l'Égypte et la Turquie auraient mis au point un plan pour renverser le régime de Saddam Hussein. D'après le magazine américain, ces pays estimeraient en effet qu'un coup d'État constituerait une alternative efficace à une éventuelle guerre en Irak en permettant de mettre fin au régime de Bagdad sans entraîner d'instabilité régionale.
Cette idée, qui n'est pas nouvelle, inclut cependant une nouvelle donne. Selon Riad, l'un des auteurs de cette initiative, le renversement de Saddam Hussein pourrait être plus aisé qu'il n'y paraît si les généraux irakiens acceptaient de collaborer à ce plan. D'où l'idée émise par les pays du Golfe de proposer à ces officiers une amnistie en contrepartie de leur collaboration. Cette offre, qui devrait avant tout recevoir l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, concernerait l'ensemble des généraux irakiens, à l'exception des cent ou cent vingt plus hauts fonctionnaires du parti Baas, de Saddam Hussein lui-même, de ses fils et de ses plus proches fidèles. Selon un diplomate arabe cité par Time, ce plan pourrait permettre, cette fois, à un coup d'État de réussir. Les généraux irakiens «ont l'impression que leur destin est lié à celui de (Saddam Hussein)», a déclaré ce diplomate. Vous seriez surpris de la vitesse à laquelle la loyauté irakienne peut changer».
Les principaux initiateurs de cette proposition sont le président égyptien, Hosni Moubarak, et le premier ministre turc, Abdullah Gül, réunis à Riad avec le prince saoudien Abdullah bin Abdulaziz Al Saud. Selon Time, le ministre saoudien des Affaires étrangères a toutefois refusé de commenter le plan, affirmant que seuls les États arabes souhaitaient une issue diplomatique à la crise.
La principale des raisons de ce projet diplomatique est avant tout la crainte des pays arabes de voir se développer l'instabilité régionale. Selon eux, une guerre contre l'Irak mènerait au chaos: «Si les choses tournent mal, les troupes (alliées) remonteront dans leurs bateaux et partiront», s'alarme un diplomate arabe cité par Time. Les dirigeants de la région redoutent en outre des affrontements entre ethnies et des incursions militaires de la Turquie et l'Iran, notamment.
De son côté, la Turquie travaillerait avec plusieurs pays arabes à la mise au point d'un plan prévoyant le départ en exil de Saddam Hussein contre la garantie qu'il ne sera pas l'objet de poursuites américaines ou internationales. Le quotidien allemand Der Spiegel rapportait hier que des conditions auraient été posées à cet exil, incluant le départ des troupes américaines du Golfe, la fin de la mission de désarmement de l'ONU et la levée des sanctions à l'encontre du pays.
Pour sa part, le chancelier allemand Gerhard Schröder, dont le pays vient de rejoindre le Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré hier «souhaitable» un départ en exil de Saddam Hussein. |