Les élus des autres pays candidats sont solidaires d'Ankara Rafaële RIVARAIS Le Monde - 21/11/2002 Invités en ce début de semaine à Strasbourg pour prendre part symboliquement à une session du Parlement européen avant le sommet de Copenhague qui doit consacrer l'adhésion d'une dizaine de leurs pays, les parlementaires venus des futurs nouveaux membres de l'Union manifestaient, sur la question turque, une certaine solidarité à l'égard de ce pays candidat à la candidature. "Il ne faut pas lui fermer la porte", préviennent deux élus Polonais, Janusz Lewandowski et Edmund Wittbrodt, parce que "l'Europe n'est pas un club chrétien ".
Elle est "multiculturelle", affirme M. Wittbrodt, qui se présente pourtant comme un catholique pratiquant. "Ceux qui, comme nous, se sont battus pour la liberté, ne sont pas nécessairement des chrétiens", ajoute-t-il. Pour Daniel Kroupa, sénateur tchèque, l'arrivée au pouvoir en Turquie d'un parti islamiste modérée (l'AKP), ne doit pas pénaliser la Turquie. "Si la Turquie est un pays musulman modéré qui adopte les valeurs de l'Union européenne, il n'y a pas de problème", estime-t-il. Le Maltais Michael Frendo explique, à son tour, qu'"on doit avoir peur du fondamentalisme, pas de l'islam". Il estime que "si l'islam se montre tolérant, l'Union européenne, dont la valeur essentielle est la tolérance, doit l'accepter". En outre, ajoute-t-il, "il ne serait pas bon de pénaliser la Turquie, qui est le seul Etat laïc du monde musulman". Edit Bauer, députée de Slovaquie, estime qu'"il est trop tôt pour dire si on accepte la Turquie, et trop tôt aussi pour dire si on la rejette" : "Il faut voir comment l'AKP va se comporter ". Certains élus estiment que la Turquie n'est pas étrangère à l'Europe, "ne serait-ce que parce que des milliers de Turcs vivent en Europe", soutient le Slovène Lojze Peterle, qui représente les pays candidats au presidium de la Convention, et "ne partage pas l'opinion de Valéry Giscard d'Estaing sur les frontières géographiques". Gyula Winkler, député qui représente les Hongrois de Roumanie ne "sait pas quelles sont les limites de l'Europe ". "Je viens de Transsylvanie, ajoute-t-elle, et je pense qu'il faut inclure la Roumanie dans l'Europe, ce qui ne va pas de soi pour tout le monde". |