L'Allemagne et l'Espagne sont prêts à faire un geste Le Monde - 21/11/2002 Poursuivant sa tournée des capitales européennes, commencée mercredi 13 novembre par Rome, pour défendre la canidature de la Turquie à l'Union européenne, Recep Tayyip Erdogan, dont le Parti de la justice et du développement (AKP) vient de former le nouveau gouvernement en Turquie, s'est entretenu mardi 19 novembre à Berlin avec le chancelier, Gerhard Schröder, et son ministre des affaires étrangères, Joschka Fischer. L'Allemagne, qui abrite sur son territoire la plus importante communauté turque de l'Union, est partagée sur l'adhésion de la Turquie, qui suscite de fortes oppositions à droite. La coalition des sociaux-démocrates et des Verts, qui gouverne à Berlin, s'est en revanche prononcée pour une position ouverte, mais prudente. Avant de recevoir M. Erdogan, le chancelier avait estimé au cours d'une conférence de presse avec le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, de passage à Berlin, qu'il y aurait au sommet de Copenhague, à la mi-décembre, "un signal supplémentaire" en direction de la Turquie, mais avait appelé Ankara à avancer lui-même sur Chypre et la Macédoine. Il avait ainsi invité le nouveau gouvernement turc à "faire nettement plus" pour réagir aux propositions du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, sur Chypre, ainsi que sur la question du déploiement d'une force de paix de l'UE en Macédoine. A Madrid, le président du gouvernement espagnol, José Maria Aznar, qui avait reçu M. Erdogan mardi, avait fait savoir par son porte-parole qu'il "s'est déclaré partisan de lancer un message fort et vigoureux à la Turquie avec l'établissement d'un cadre temporel de référence, une date ou une période, pour commencer les négociations d'adhésion". M. Erdogan, qui mène campagne pour obtenir que les Quinze fixe une date pour le démarrage de négociations d'adhésion, devait poursuivre son périple marcredi à Londres et à Bruxelles, avant de se rendre à Dublin et au Parlement européen à Strasbourg. (AFP.) |