Un pirate de l'air aux mains de la police turque Le Figaro - 18/11/2002 La police turque interroge aujourd'hui un Arabe israélien qui a tenté de détourner la veille un avion de la compagnie israélienne El Al lors d'un vol entre Tel-Aviv et Istanbul. L'homme serait âgé de 23 ans et de nationalité israélienne. Il répondrait au nom de Tawfik Foukra.
Selon un responsable de la police turque, le pirate de l'air «rêvait» d'un attentat comme celui du 11 septembre aux Etats-Unis. La chaîne d'informations NTV, qui ne précisait pas ses sources, ajoute que le jeune homme voulait précipiter l'avion sur un immeuble à Tel Aviv.
Muni d'un couteau de poche de 4 cm de long, le pirate de l'air, un étudiant célibataire originaire d'un village de Galilée (nord d'Israël), a tenté de détourner le Boeing 737 en tentant de prendre en otage une hôtesse de l'air, selon une source israélienne en Turquie.
«Il s'est levé pour demander un verre d'eau à l'hôtesse. Celle-ci a vu qu'il avait un couteau à la main et l'a repoussé avant de courir vers l'arrière de l'avion. Les agents de sécurité sont immédiatement intervenus et l'ont plaqué au sol en quelques secondes», a-t-on indiqué de même source.
Cette source s'est félicitée de la «pleine coopération» entre autorités turques et israéliennes au niveau de l'enquête policière. Les chaînes de télévision turques ont diffusé des images, montrant une hôtesse de l'air agitée, prises lors du détournement par un des passagers qui a fait usage de sa caméra vidéo.
Après l'atterrissage, le pirate de l'air a été emmené au quartier général du département antiterroriste de la police d'Istanbul où il a subi un test médical et était toujours interrogé lundi en fin de matinée par une équipe spéciale de la sûreté d'Istanbul, selon Anatolie.
Des photos publiées lundi par la presse turque montrent le pirate de l'air, menotté, vêtu d'un pantalon clair et d'une chemise ouverte et escorté par des agents de sécurité à son arrivée à l'aéroport.
Selon le porte-parole de l'aéroport, l'avion qui transportait 170 passagers, a alerté les contrôleurs aériens alors qu'il approchait de la mer de Marmara (nord-ouest de la Turquie). Il a atterri sans encombre à Istanbul vers 21h50 locales.
Les passagers ont pu quitter l'aéroport plus de quatre heures après l'atterrissage, après un examen médical et une fouille complète. Un passager, Menahem Aaroni, a indiqué que l'incident n'avait duré que «quelques secondes». «Quand l'alarme a retenti, des gens ont paniqué, mais cela n'a duré en tout que quelques secondes», a-t-il dit.
Un autre passager, Menahem Binet, a rendu hommage au sang-froid de l'équipage. «L'équipage était très calme, très bon. Il y a eu très peu de réactions de panique», a-t-il raconté.
Cible privilégiée d'attentats à partir des années 1960, la compagnie nationale El Al s'est depuis entourée de mesures draconiennes, déjouant plusieurs tentatives d'attaques et se construisant une réputation de sûreté maximale. Ainsi depuis plus de 20 ans, aucun de ses appareils n'a été détourné.
Et pour cause: les cockpits sont protégés par deux portes closes durant tout le vol, tandis que des agents de sécurité en civil se mêlent discrètement aux passagers.
La Turquie, pays musulman mais Etat laïc, est le principal allié régional d'Israël depuis 1996, date de la signature d'un accord de coopération militaire qui a soulevé la colère de la plupart des pays arabes et de l'Iran.
Les vols d'El Al ou de la compagnie nationale turque Turkish Airlines assurant la liaison entre Israël et Istanbul sont utilisés généralement par les proches des membres de la minorité juive de Turquie qui compte environ 30 000 membres, dont 25.000 à Istanbul.
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