Trois questions à ... Ali Coskun Nicole POPE Le Monde - 04/11/2002 1 Responsable de l'économie au sein de l'AKP, comment comptez-vous redresser la situation en Turquie ?
D'abord nous allons réduire le nombre de ministres à vingt-cinq. Le Trésor, le ministère des finances, le bureau des privatisations étaient divisés et dirigés par des partis différents. Cela causait des complications et parfois des problèmes avec le Fonds monétaire international. L'une des principales difficultés avec le programme du FMI résidait dans le fait qu'il n'était pas suffisamment soutenu en raison d'un manque de volonté politique. 2 Entendez-vous poursuivre le programme de réformes introduit avec l'appui financier du FMI ? Nous allons continuer à travailler avec le FMI. Il y a peut-être certaines choses dans l'application du programme qui ne répondent pas entièrement aux besoins du pays et qui pourront être rediscutées. Par exemple, en se concentrant uniquement sur la politique fiscale, les taux d'intérêt n'ont pas suffisamment baissé et la dette n'a pas été réduite. Il faut également adjoindre une dimension sociale au plan pour réduire le chômage, qui a continué à augmenter. Lorsqu'il y a une contraction de l'économie, il y a une réduction du volume des impôts prélevés. Vous devez donc introduire des taxes supplémentaires pour compenser cette perte. Mais, actuellement, il y a quatre taxes différentes sur l'énergie et l'électricité. Elles ont un impact négatif sur notre économie. Elles réduisent notre compétitivité. 3 Craignez-vous des réactions de la part des institutions laïques du pays-après la victoire de votre parti, l'AKP ? L'Etat ne va pas se mêler de la religion. Nous croyons au principe de la laïcité et nous n'avons pas l'intention d'intervenir. Nous voulons assurer la suprématie de la loi, la démocratie, le respect des libertés fondamentales des individus et des droits de l'homme. Le chômage, le coût élevé de la vie, les déséquilibres importants dans la distribution des revenus sont les problèmes les plus aigus en Turquie. Le pouvoir était coupé du peuple. Ces élections ont montré que le chantage ne marche pas. |