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L'idée de "quotas migratoires" fait son chemin, notamment à gauche


PARIS, 10 juil (AFP)
- Longtemps tabou, la question des "quotas" migratoires est évoquée de plus en plus librement, notamment par le Parti socialiste qui a souhaité jeudi, par l'intermédiaire de son secrétaire national Manuel Valls, "une réflexion sur l'instauration de quotas", afin de "ne pas subir l'immigration".

Le député-maire PS d'Evry (Essonne) a cité le cas du Canada qui a "une gestion de l'immigration en fonction des besoins".

C'est Malek Boutih, ancien président de SOS-Racisme et nouveau secrétaire national du PS, qui est en charge du dossier au PS, et il défendra sans doute la position prise par SOS-Racisme, dès 1996, en plein mouvement national de sans-papiers, en faveur de quotas d'immigration.

"Le PS m'a donné mandat", affirme Malek Boutih à l'AFP, "d'élaborer d'ici décembre sa nouvelle politique d'immigration. Pour l'instant, le PS n'a pas pris officiellement position sur les quotas, mais le bilan de ces dernières années montre que la restriction des droits des immigrés n'a pas permis la maîtrise des flux migratoires".

"C'est un double échec", dit-il, "on fragilise l'immigration, on la ghettoïse, mais cela ne permet pas de faire baisser la courbe".

Le mot "quota" a longtemps été tabou. En 1996, quand Fodé Sylla, alors président de SOS-Racisme, s'était dit favorable à des "contingentements qui détermineraient chaque année les besoins de la société française", il avait été accueilli par une véritable bronca des associations de défense des immigrés.

"Il ne faut pas cristalliser sur un mot", estime Malek Boutih, "il faut d'abord débattre d'un dispositif où s'exercerait une immigration légale de travail en France, comme au Canada, aux Etats-Unis, en Italie". "On veut réfléchir sur la main d'oeuvre non qualifiée mais aussi la main d'oeuvre qualifiée, pour éviter la fuite des cerveaux des pays du Sud".

"Il faut une réflexion moderne qui corresponde aux années 2000, et pas aux années 70. La loi Chevènement n'a pas assumé la rupture nécessaire, c'était une loi mi-figue mi-raisin. Il faut une loi qui simplifie les droits des immigrés en France, créer un seul titre de séjour et non une multitude de catégories".

Le projet de loi Sarkozy, qui vient d'être adopté en première lecture par l'Assemblée est, selon lui, "complètement dans la droite ligne des lois Pasqua (1993). La droite ne veut pas d'immigration légale, mais elle veut bien, pour certains secteurs économiques, des sans-papiers".

Le ministre de l'Intérieur cependant a plusieurs fois affirmé que la France "avait besoin d'immigrés", et, en janvier, il évoquait la possibilité d'appliquer des quotas de visas "mieux adaptés aux besoins de chaque pays".

En Europe, l'idée avance aussi. En mars, le commissaire européen aux Affaires intérieures Antonio Vitorino a estimé "légitime que le marché du travail" détermine "le nombre et le profil des immigrants qu'un pays peut accueillir".

En dehors du secteur informatique, et à un niveau limité, la France n'a pas étendu l'immigration de travail. Mais certains secteurs économiques (restauration, hôtellerie, bâtiment) seraient preneurs.

    

 

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