Immigration turque en Europe et en France (Par Murat V. ERPUYAN) Limmigration turque en Europe constitue la dernière vague de migration officielle des trente glorieuses. La pénurie de main-doeuvre dune part (notamment en Allemagne), lexcédent de lautre part (Turquie) ont poussé les Turcs à émigrer pour répondre à la demande des pays européens.
On prétend souvent que la migration turque en Allemagne est due aux relations historiques quentretient ce pays avec la Turquie. En réalité, le hasard a joué un rôle essentiel. Dans les années 1956-1957, lUniversité de Kiel, suite à une étude, suggérait au patronat allemand dinvestir en Turquie et a invité un groupe de techniciens pour un stage de formation. Une douzaine de techniciens accompagnés de leur famille débarquent à Hambourg pour une formation de longue durée. Il semble que lexpérience sest soldée par un échec mais les techniciens turcs ont vite trouvé des emplois de docker dans les ports dHambourg et de Bremen. Par la suite, un homme daffaire turc a entrepris une opération de recherche de travailleurs qualifiés pour le compte dun entrepreneur allemand. De même, un groupe composé de 150 artisans-stagiaires ont été rapidement recyclés dans le marché du travail allemand.
Dans la période suivante, nous observons que le patronat allemand entame une coopération avec les chambres de métiers de Turquie, mais cette coopération donne ses fruits non pas dans le domaine dinvestissement mais dans le domaine de transfert de main-doeuvre. Enfin, seulement en 1961, le Gouvernement allemand sent le besoin dencadrer ce flux de travailleurs immigrés appelés à lépoque Gastarbeiter (travailleur hôte). Cest ainsi quau début des années soixante, lAllemagne ouvre un bureau de liaison en Turquie, entame une coopération avec lagence pour lemploi de Turquie et les premiers Gastarbeiter quittent la gare de Sirkeci (Istanbul) en fanfare et ont été accueillis également en fanfare en Allemagne. Depuis quelques trente années passées, limmigration turque en Europe a réussi une organisation sociale, culturelle et politique à léchelle de cet espace.
Aujourdhui, la population originaire de Turquie représente plus de 2,5 millions de personnes avec une importante concentration en Allemagne (1,7 million). Elle constitue dans ce pays un tiers de la présence étrangère totale. Pratiquement aucun pays néchappe à la migration turque :
En France, le recensement de la population de 1990 donne 197.712 Turcs, ceci représente 5,5 % de lensemble de population immigrée. Vient ensuite, les Pays-Bas, avec un peu moins de 200.000 personnes, lAutriche environ 100.000 personnes, la Belgique compte un peu moins de 100.000 et la Suisse presque 100.000. Dans une seconde importance, on peut citer la Grande-Bretagne avec environ 30.000, autant pour la Suède et moins de 30.000 pour le Danemark. Même lItalie a ses immigrés de Turquie, comme dailleurs la Norvège. Plus de vingt villes européennes comptent plus de 10.000 Turcs (Berlin vient en tête avec plus de 125.000 Turcs).
La France, en 1965, est lun des derniers pays qui a signé un accord déchange de main-doeuvre avec la Turquie suivant la demande du patronat souhaitant diversifier lorigine de ses travailleurs étrangers. Pour donner une indication de lampleur qua pris limmigration turque en deux décennies, nous pouvons nous appuyer sur deux chiffres : en 1962, tout au début, ONI (actuellement OMI) avait enregistré 111 entrées en provenance de Turquie ; en 1970, avec 8.751 personnes, on atteint le sommet en ce qui concerne les entrées des Turcs en France.
Tableau 2.1 Informations disponibles sur les effectifs de personnes étrangères dans certains pays européens d'immigration | | Pays | Effectif total des étrangers (en milliers) | Effectif des Turcs (en milliers) | Effectif des Turcs du total des étrangers (en %) | | Années | 1984 | 1988 | 1984 | 1988 | 1984 | 1988 | | Allemagne | 4363,70 | 4489,10 | 1425,80 | 1523,70 | 32,70 | 33,90 | | Belgique | 897,60 | 868,80 | 72,50 | 79,50 | 8,00 | 9,20 | | France | 3714,21 | 3752,22 | 122,31 | 146,12 | 3,30 | 3,90 | | Pays-Bas | 558,70 | 623,70 | 155,60 | 176,50 | 27,90 | 28,30 | | Suède | 390,60 | 421,00 | 21,20 | 23,00 | 5,40 | 5,50 | | Suisse | 390,60 | 421,00 | 21,20 | 23,00 | 5,40 | 5,50 | | Norvège | 97,80 | 135,90 | 3,40 | 4,90 | 3,50 | 3,60 | | Total | 10955,00 | 11297,20 | 1850,60 | 2010,50 | 16,90 | 17,80 |
Source : Diverses statistiques SOPEMI Dans cette situation favorable de demande et doffre, certaines grandes entreprises guidées par le souci de diversification de leur main-doeuvre étrangère ont employé massivement des Turcs. Cest ainsi quà la fin de 1970, on peut compter plus de 1.500 Turcs dans les usines Chrysler-France à Poissy (Yvelines) et environ 700 dans les usines Citroën en Ile-de-France et un peu moins à Metz. Cest ainsi que commence la chaîne migratoire. On passe des contrats anonymes aux contrats nominatifs, cest-à-dire, ceux qui ont fait leurs preuves en usine obtenait le droit de faire venir leurs proches. Les Turcs sont employés dans des secteurs à forte présence de main-doeuvre ne nécessitant pas de qualification où on utilise des technologies plus ou moins obsolètes, tels le forestage, bois, fonderie et métallurgie, et surtout bâtiment, travaux publics, confection.
Au niveau individuel, le choix de la France par les immigrés turcs nest pas spécifique. Ils rêvent sans doute de lAllemagne du fait de limage établie (seigneurs dAllemagne disait-on quand on parlait des immigrés turcs travaillant en Allemagne) et aussi en raison dune meilleure rémunération ainsi que la côte élevée du DM.
«En voyant les émigrés revenir en voiture, avec des appareils de télévision, des machines à laver etc... leurs voisins des villes ou des campagnes qui souffrent des difficultés de la vie sont fortement stimulés à partir à létranger et surtout en Allemagne (...) Ainsi, la migration à létranger devient une pratique, une sorte de coutume qui englobe non seulement les chômeurs et les défavorisés, mais un grand nombre de jeunes ménages qui à travers lémigration interne, au contact des migrants revenant de létranger, développent un goût pour la vie moderne».
La France devenait un choix de second ordre. Selon Gökalp, le choix de la France sexplique aussi par une optique de tremplin vers lAllemagne. Ce rêve ne se réalise pas pour beaucoup, ils deviennent des immigrés de France.
«La France, cétait linconnu. On est venu ici comme on rentre dans lobscurité. Ma soeur est en Allemagne, pour moi cest loffice démigration qui a décidé, sinon je voulais être auprès de ma soeur. (Travailleur à Terrason)» Quand les portes de lEurope se ferment à limmigration suite aux chocs pétroliers et la crise qui en découle, lémigration turque montre des changements radicaux. La rotation sarrête. Jusquen 1974 presquun million de citoyens turcs avaient pris le chemin de lEurope, il y avait un va-et-vient permanent. Larrêt de limmigration provoque la sédentarisation de la population originaire de Turquie dans les pays où elle se trouvait provoquant une variation de la structure de la population. Le regroupement familial, les naissances alimentent la croissance de cette population alors que dans lensemble, les autres nationalités enregistrent une diminution relative. Lintervention militaire en 1980 en Turquie, provoque un recours massif à la sollicitation dasile ; pour certains ce prétexte devient un moyen de contourner la législation sévère en matière dimmigration. Quand limpact de lintervention militaire sestompe, le relais en matière de sollicitation dasile est pris par le problème kurde.
Cette évolution engendre une mutation du phénomène migratoire. En 1964, 41 % des migrants habitaient à Istanbul (presque la moitié depuis peu), seulement 18 % des migrants étaient des villageois. En 1974, la part dIstanbul nest que de 20 % et lensemble des trois grandes villes (Istanbul, Ankara, Izmir) nest que dun tiers. Désormais, le paysan du fin fonds de lAnatolie participe à la migration. Plus on progresse dans le temps, plus le migrant turc est dorigine rural et vient des régions moins développées. On pourrait affirmer dune manière caricaturale que lAllemagne a récupéré dans les années soixante la crème de la classe ouvrière turque, tandis que la France fait venir dans les années soixante-dix des paysans.
Au début des années quatre-vingt dix, lidée de retour devient mythique, les immigrés ont pris conscience : ils sont là pour de bon. Nempêche que les relations avec le pays dorigine sintensifient. De Tapia, illustre ce fait par des chiffres parlants :
- chaque année, entre 1.700.000 et 2.200.000 citoyens turcs sortent du territoire national, dont 700 à 900.000 pour travailler à létranger ; - le nombre de sortie avec un passeport touristique oscille entre 120.000 et 400.000, ces personnes sont souvent candidates au travail à létranger ; - les sorties annuelles pour «services publics», fonctionnaires souvent détachés pour lencadrement des émigrés (fonctionnaires dans les consulats représentants divers ministères, instituteurs, imams...) varient entre 15.000 et 28.000.
70 % de ces mouvements sont en destination de lEurope et sont générés en grande partie par les flux migratoires. Ils intensifient la circulation entre lEurope et la Turquie. Mer, air, route, partout une intense circulation croissante sauf sur le réseau ferroviaire. La concurrence est rude entre le transport aérien et le réseau routier (les deux partagent chacun environ 45 % du trafic entre les deux espaces). Environ 3 millions de passagers voyagent entre la Turquie et lEurope. La majorité de ces passagers sont détenteurs de passeports turcs portant la mention travailleur ou membre de famille de travailleur.
La carte élaborée par le professeur Simon est très éloquente pour illustrer lintensité de ces mouvements, celle-ci est de nature à croître, le déplacement des hommes génèrent des besoins que les réseaux commerciaux sarticulent pour répondre à la demande.
Evidemment, la circulation des hommes génèrent la circulation des biens. Déjà en Allemagne, on estime à 30.000 les entrepreneurs issus de limmigration turque. Un réseau commercial complexe concerne lensemble de lespace européen. Selon les estimations du Centre des études turques de Bonn10, 188 sociétés turques de RFA (dont 70 % venues de Turquie) réalisent 450 millions de DM dimportations par le biais denviron 500 sociétés de transports internationaux routiers (TIR) immatriculées en Turquie en plus de quelques sociétés créées en Suisse et en Allemagne par des émigrés.11 La croissance du commerce entre les deux espaces est alimentée en partie par la migration. Celle-ci intensifie les relations commerciales tout en imposant des schémas de consommation dans le pays dorigine moins développé que lespace daccueil. Le fait que dès le début de janvier les biens et les capitaux circuleront librement entre lUnion européenne et la Turquie en raison de lunion douanière, les échanges vont saccroître considérablement et la population originaire de Turquie est susceptible de jouer un rôle important. Tableau 2.2 | Années | Population turque | En % des étrangers | | 1946 | 7770 | 0,4 | | 1954 | 5273 | 0,3 | | 1968 | 7628 | 0,3 | | 1975 | 50860 | 1,5 | | 1982 | 122260 | 3,3 | | 1990 | 197712 | 5,5 |
Malgré lenvironnement restrictif, le nombre de Turcs dans les pays européens augmente. Ainsi, en France, le recensement de 1975 donnait 53 mille Turcs ; ce chiffre est 123 mille en 1980 et 198 mille en 1990 (Tableau 2.2). Quelques chiffres en vrac tirés de létude Triballat afin de déceler quelques caractéristiques de cette population :
- Presque 70 % sont dorigine rural ; - 8 % des hommes et 30 % des femmes venus en France adultes nont pas été scolarisés ; - jusquen 1974 ils venaient en quasi totalité pour le travail, par la suite, lasile politique et le regroupement familial sont devenus les principales raisons darrivée ; - seulement 24 % des immigrés turcs arrivés après lâge de 15 ans parlent bien le français (34 % des hommes, 13 % des femmes), 16 % savent lire et écrire le français ; - 84 % des immigrés turcs arrivés en France avant lâge de 16 ans savent lire et écrire le français alors que 76 % savent lire et écrire le turc ; - parmi les immigrés turcs arrivés aux bas âges, 7 % parlent uniquement le français et 56 % parlent uniquement le turc avec leur conjoint et leurs enfants ; - les mariages mixtes sont exceptionnels, puisque 98 % des filles et 94 % des garçons sont endogames...
Dans ce contexte, les communautés turques des pays européens montrent un dynamisme particulièrement intense pour créer des infrastructures complexes de réseaux socio-économiques. Ces réseaux sont en effet assez sophistiqués pour que les autorités puissent pleinement saisir la consistance. Les réseaux commerciaux sont relativement facile à cerner, par contre le réseau associatif échappe souvent à la compréhension du fait de la complexité des enjeux. Il est fréquent que les autorités locales soient confrontées à des problèmes dont les sources sont en relation avec Istanbul, Diyarbakir, Berlin... Sengouffrent dans cette situation les mouvements politiques (des courants islamistes, aux séparatistes kurdes, en passant par des réseaux de type mafia). Telle est la particularité de limmigration turque : un énorme espace parsemé de points de chute ou de repère. De Tapia souligne ce phénomène quand il explique lespace migratoire turc :
«Nous insisterons plutôt sur les questions transversales ou horizontales qui se posent dans lespace migratoire turc. Sy jouent des effets déchelle, de taille, de poids démographique, de distance culturelle (réelle ou supposée).
- Effets déchelle et de taille : Le champ migratoire turc sétend sur une douzaine de pays européens (auxquels sajoutent les pays de transit) et une dizaine de pays du Moyen-Orient. La distance minimum parcourue par un émigré turc de Thrace vers le sud de lAutriche est de 1.500 km, distance maximale, par exemple entre Kars et Stockholm est denviron 5.000 km ! - Effets de taille et de poids démographique : 18 villes dAllemagne comptent plus de 10.000 habitants turcs (record détenu par Berlin avec 124.000 Turcs !). Sy ajoutent Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Stockholm et probablement Paris (8.185 Turcs recensés au 1er janvier 1984). - Distance culturelle (réelle ou supposée) : Cest dabord le poids de lislam, même si le rôle de courants minoritaires chrétiens, arméniens ou assyro-chaldéens, implantés dans les régions de Paris et de Stockholm, ou celui de groupes laïcs (gauche turque, fidèles de la tradition doccidentalisation), ou encore celui des musulmans hétérodoxes (alevis, yezidis...) ne doit en aucun cas être négligé. Pour lopinion publique, lappartenance à lislam frappe plus limagination que lexistence dune république laïque depuis 1928 et celle de groupes laïcs actifs.»
Nous avons insisté sur lintensité de la circulation des hommes (malgré les difficultés, tels les visas) et des biens. Noublions pas les idées. Tableau 2.3 Répartition géographique des Turcs en France | | Ile-de-France | 20,6 | 3 % des étrangers | | Rhône Alpes | 19,3 | 8,8 % des étrangers | | Alsace | 13,3 | 20,5 % des étrangers | | Lorraine | 9,3 | 11,9 % des étrangers | | Centre | 5,4 | 9,1 % des étrangers | | Franche-Comté | 5,1 | 14,9 % des étrangers |
Tableau 2.4 | Répartition de la population jeune selon les tranches d'âge | | Etrangers | Turcs | | Nombre | % | Nombre | % | | 0-4 ans | 194510 | 5,40 | 18336,00 | 9,30 | | 5-9 ans | 275996 | 7,70 | 23652 | 12,00 | | 10-14 ans | 288474 | 8,00 | 27329 | 13,80 | | 15-19 ans | 263308 | 7,30 | 25099 | 12,70 | | | 28,40 | | 47,80 |
«Bien que les ouvriers soient massivement dorigine rurale, on aurait grand tort de simaginer une population totalement défavorisée sur le plan culturel. Dabord parce que cette population nest pas homogène, ensuite parce quelle véhicule sa propre culture. Autrement dit, le champ migratoire est irrigué par des hommes et des femmes avec leurs croyances, leurs idéologies, leurs formes dexpression. De la radio aux journaux quotidiens, des cassettes magnétiques et vidéo aux festivals cinématographiques, des restaurants aux agences de voyages, sans oublier les activités politiques, syndicales, associatives et les ouvertures de lieux de culte, les Turcs son présents et actifs.»
La carte 2.2 et le Tableau 2.3 nous informent en détail de la répartition géographique des Turcs en France. On peut y déceler un cercle de concentration de population turque (de densité croissante en allant du centre vers les bords) : Moselle - Bas et Haut-Rhin - Franche-Compté - Région Lyonnaise - Orléans et Tours - Ile-de-France - Reims et Nancy - Moselle. Soulignons que 30 % de la population originaire de Turquie résident en Alsace-Lorraine-Franche-Comté.
Notons enfin lune des particularités de cette population : pratiquement la moitié a moins de 20 ans. En ce qui concerne la France, 28,1 % des immigrés de Turquie; On observe dans le Tableau 2.4 que dans toutes les tranches dâge, la part des jeunes turcs est plus élevé. Cest une donnée extrêmement importante en matière dintégration et de scolarisation.
Les Tableaux 2.5 et 2.6 résument la situation scolaire des originaires de Turquie. Le nombre délèves turcs est en nette croissance depuis les années quatre-vingt et sa part parmi les étrangers scolarisés augmente également. Il est à noter que la part des élèves dorigine turque plus importante en maternelle est de plus en plus faible quand on progresse dans les niveaux de lenseignement. Un certain échec est manifeste. Quand on prend en considération le nombre important denfants au cycle maternelle et élémentaire, la nécessité de déterminer des mesures afin de prévenir léchec scolaire.
Tableau 2.5 | Nombre total d'élèves turcs scolarisés en France entre 1980 et 1985 | | Années | Nombre d'élèves turcs | % des Turcs parmi les étrangers scolarisés | | 1980/1981 | 36306 | 4,5 | | 1985/1986 | 61958 | 5,7 | | 1989/1990 | 72355 | 6,8 | | 1994/1995 | 80680 | 8,7 |
Tableau 2.6 Répartition des élèves étrangers et des élèves turcs selon les niveaux en 1994/95 en % | | | Maternelle | Elémentaire | 1er cycle | 2ème cycle | Total | 2ème cycle long | | Etrangers | 20,5 | 39 | 26,6 | 13,9 | 100 | 7,6 | | Turcs | 23,8 | 37,7 | 27,3 | 11,2 | 100 | 4,26 |
Limmigration est un élément important de la compréhension du passé, du présent et de lavenir de lEurope et en particulier de lUnion européenne. Elle a été au coeur de son développement économique et elle est indispensable du point de vue démographique. Elle peut être une chance pour cet espace et servir de trait dunion entre le sud et le nord. Les originaires de Turquie constituent la première communauté en Europe. Il nest pas possible dappréhender la place de cette population sans la replacer dans lespace européen. De limmigration à la diaspora, la communauté originaire de Turquie dispose aujourdhui dune organisation sociale et culturelle ; les jeunes générations montent... L'intégration de cette communauté se fera sans doute dans le temps ; mais ceci peut être très long, si on ne s'intéresse pas de près à cette population, en raison de l'existence de l'organisation communautaire englobant l'ensemble des pays européens qui peuvent permettre une vie en autarci, une vie de ghetto volontaire. |