hautdroite2.gif (179 octets)

Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

EUROPE - TURQUIE

--- Retour ---

La Grèce a renforcé sa position diplomatique

Didier Kunz et Daniel Vernet
Le Monde - 09/01/2003

 

Athènes a réussi à transférer vers l'Europe son contentieux avec Ankara

Au moment où elle assume la présidence européenne, la Grèce peut se féliciter d'avoir engrangé quelques succès diplomatiques dans des domaines vitaux pour elle. Rien n'est encore réglé dans son conflit avec le frère ennemi turc mais les relations se sont apaisées et l'arrivée au pouvoir à Ankara du parti musulman démocrate de Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, paraît promettre de nouveaux progrès.

Le sommet européen de Copenhague, au mois de décembre, a entériné deux décisions qui donnent satisfaction à Athènes. Il a invité la République de Chypre - c'est-à-dire la partie sud de l'île gouvernée par les Chypriotes grecs - à adhérer à l'Union et confirmé la candidature de la Turquie, avec clause de rendez-vous en 2004 pour l'éventuelle ouverture des négociations d'adhésion.

Depuis que le processus d'élargissement a été lancé, un des objectifs prioritaires de la Grèce est l'entrée de la République de Chypre dans l'UE, qu'elle soit encore divisée ou qu'une solution ait été trouvée à sa partition. Alors que les quatorze autres pays membres avaient laissé planer des doutes sur leurs intentions, le sommet d'Helsinki a, en 1999, prodigué des assurances à Athènes et à Nicosie en même temps qu'il donnait un feu vert à la candidature de la Turquie.

Plusieurs raisons militent, du point de vue grec, en faveur d'un rapprochement de la Turquie avec l'Europe. D'abord, la Grèce et la Turquie sont deux pays voisins qui, malgré leur rivalité, partagent des intérêts communs. Ensuite, le gouvernement Simitis a compris que l'"européanisation" de la question turque lui permettait de sortir des surenchères nationalistes. Enfin, la baisse de la tension entre les deux pays et a fortiori une entente permettraient à la Grèce d'alléger ses dépenses militaires, qui représentent encore 5 % du PNB.

Cette politique a été en grande partie l'œuvre de Georges Papandréou. Fils d'Andreas, le leader historique du Pasok (Parti socialiste panhellénique), il a succédé au ministère des affaires étrangères à Théodoros Pangalos après la calamiteuse affaire Öçalan. Le chef du parti kurde PKK, réfugié à l'ambassade grecque au Kenya, avait été enlevé par les services secrets turcs. Georges Papandréou a alors commencé une politique des petits pas, fondée sur des relations personnelles avec son collègue turc, Ismail Cem, issu comme lui du moule universitaire américain.

ACCORDS BILATÉRAUX

Les tremblements de terre de 1999 en Turquie puis en Grèce ont favorisé la découverte d'un sentiment de solidarité entre les deux peuples, conscients de partager la même région et parfois le même destin. Des dizaines d'accords bilatéraux ont été signés. Des fonctionnaires grecs assistent l'administration turque pour la compréhension et la mise en œuvre de l'acquis communautaire.

Ce rapprochement a laissé de côté les désaccords fondamentaux sur le partage du plateau continental en mer Egée, la définition de l'espace aérien et les contestations sur certains îlots inhabités. Il a d'ailleurs connu des hauts et des bas, sans toutefois menacer de dégénérer en affrontement ouvert, comme en janvier 1996, quand l'occupation par les Turcs d'un rocher en mer Egée avait conduit les deux pays au bord de la guerre. C'était peu de temps après l'arrivée au pouvoir de Costas Simitis, dont les militaires d'Ankara voulaient tester la fermeté.

La stratégie d'"européanisation" menée de concert par Costas Simitis et Georges Papandréou s'est révélée payante. Avec le départ de la vieille garde politique en Turquie et l'arrivée au pouvoir de l'AKP, les pressions de l'Union européenne et de l'ONU ont amené le gouvernement turc et les Chypriotes turcs - à l'exception de Rauf Denktash, le chef de la République de Chypre du Nord autoproclamée, qui paraît de plus en plus isolé - à envisager sérieusement une révision de la politique menée depuis l'intervention militaire turque à Chypre en 1974. Tout reste à faire, mais les nouveaux dirigeants turcs ont compris que la Turquie n'entrerait pas dans l'Europe sans avoir apuré son contentieux avec son voisin occidental.

Quant à la Grèce, elle aura dans tous les cas marqué des points à Chypre. L'hypothèse haute, c'est la fin de la division. Mais l'hypothèse basse - l'entrée des seuls Chypriotes grecs dans l'Union - est déjà une incontestable réussite.

       

 

[Présentation] [Press-Book] [Album] [Activités] [Actualités] [Nous Contacter] [Olusum/Genese]
[Dossier O/G] [Editions A TA TURQUIE] [Bibliographie] [Bibliothèque] [Poésies] [Hommage] [Galeries]
[Exposition] [Manifestations] [Annuaire] [Annonces] [Informations] [Liens] [Carnet Rose] [Quoi de Neuf]

Copyright 1999-2000 © Site créé par ATATURQUIE
Tel : 03 83 37 92 28 / Fax : 03 83 37 83 30 / poste@ataturquie.asso.fr
Webmaster :
Dominique SOUTREL
Site optimisé en 1024 x 768 pour Microsoft Internet Explorer 5

basdroite.gif (174 octets)