La Turquie renonce à jouer la carte chypriote dans ses négociations avec l'UE Eric Biegala Le Figaro - 09/12/2002 Manifestement, la carte chypriote ne sera pas jouée. Une avancée décisive sur le dossier aurait pourtant constitué un sérieux atout pour la partie turque dans sa quête pour obtenir une date de début de négociation avec l'UE. Samedi, le leader chypriote-turc Rauf Denktash est rentré à Nicosie-Nord, via Istanbul, après 2 mois d'hospitalisation à New York.A l'occasion d'une brève rencontre avec le dirigeant chypriote-turc, le nouveau premier ministre Abdullah Gül a indiqué que «l'obtention d'une date (pour la Turquie) simplifierait les problèmes dans la région» et non l'inverse. Le gouvernement issu des élections du 3 novembre avait dans un premier temps fait montre d'une certaine volonté d'ouverture à Chypre, provoquant l'ire des faucons du régime. En arrivant à Nicosie-Nord samedi, Rauf Denktash s'est déclaré «encore davantage désillusionné» sur les chances de réussite du plan onusien après avoir lu les réserves formulées par la partie chypriote-grecque. Les deux parties ont présenté jeudi leurs commentaires au plan proposé par les Nations unies, qui vise à obtenir une réunification de l'île avant son intégration européenne formelle. Même sans avancée à Chypre, la Turquie n'a pas pour autant renoncé à obtenir une date de l'UE. Rejetant la proposition franco-allemande de fixer à 2005, sous conditions, le début des négociations d'adhésion, le dirigeant du parti islamiste, Recep Tayyip Erdogan, réclame d'ouvrir les pourparlers dès 2003. Interdit d'exercer le moindre mandat exécutif, le grand vainqueur des élections de novembre est reconnu comme le leader légitime du nouveau cabinet turc. Il est reçu comme tel à l'étranger. Après un tour d'Europe presque complet durant les deux dernières semaines, Erdogan doit à nouveau s'entretenir ce matin à Copenhague avec la présidence tournante de l'Union. Il doit ensuite s'envoler vers les États-Unis où il doit rencontrer le président Bush et les principaux cadres de son administration, ainsi que le secrétaire général de l'ONU. L'équipe Bush soutient activement le lobbying turc en direction de l'UE. Elle plaide pour l'ouverture de négociations d'adhésion dès 2003. |