Accord franco-allemand sur les négociations pour l'adhésion de la Turquie à l'Europe Le Monde - 06/12/2002 La France et l'Allemagne se sont mises d'accord pour proposer, sous conditions, à la Turquie une ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne au 1er juillet 2005, a indiqué, jeudi, le président Jacques Chirac, à l'issue d'un entretien avec le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, président en exercice de l'UE. "Notre proposition pourrait être la suivante: décembre 2004, en quelque sorte une clause de rendez-vous pour examiner sur rapport et recommandation de la Commission si la Turquie respecte intégralement les critères de Copenhague. Dans l'hypothèse où ce serait le cas, alors, début des négociations à partir de juillet 2005", a expliqué Jacques Chirac. La proposition commune élaborée par Paris et Berlin aurait été entérinée mercredi soir lors d'un dîner entre le président français, Jacques Chirac, et le chancelier allemand, Gerhard Schröder. Le président français et le chancelier allemand avaient affirmé, mercredi soir, que les deux pays, après avoir consulté leurs partenaires européens, adopteraient une position commune au sommet européen de Copenhague pour envoyer "un signal fort en direction de la Turquie". De son côté, Ankara continue de réclamer que le sommet de Copenhague, les 12 et 13 décembre, permette de définir une date ferme pour l'ouverture de négociations d'adhésion à l'UE. "Ce qui compte pour nous est de recevoir une date fixe. La Turquie le mérite", avait affirmé mercredi le premier ministre, Abdullah Gül. "Nous ne voulons rien de moins. Si nous obtenons moins, cela sera difficile à expliquer à l'opinion publique" turque, avait-il affirmé, après avoir rencontré les ambassadeurs d'Allemagne et de France à Ankara. La Turquie a d'ailleurs reçu, jeudi, sur ce point, le soutien des autorités britanniques, qui ont pressé leurs partenaires de l'Union européenne de donner satisfaction à la Turquie. Pour le secrétaire britannique au Foreign Office Jack Straw, l'entrée de la Turquie dans l'UE sera d'une grande utilité : "Un Etat dont la majorité de la population est musulmane et qui a des partis qui s'en réclament (...), mais qui est laïque et accepte notre conception des valeurs démocratiques serait extrêmement important pour la stabilité, non seulement de l'Europe mais du reste du monde." Ses propos font écho à ceux du secrétaire adjoint américain à la défense, Paul Wolfowitz, qui, cette semaine, a demandé à l'Europe d'adresser un signe favorable à la Turquie. Jeudi, le ministre turc des affaires étrangères, Yasar Yakis, a fait savoir que son pays aurait des "difficultés extrêmes à expliquer à l'opinion publique turque" une ouverture des négociations en 2005. "Nous n'accepterions pas", a-t-il ajouté. "Pourquoi serions-nous traités différemment des autres pays (candidats) ?", s'est-il interrogé. Avec AFP |