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A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

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Trois questions à ... Recep Tayyip Erdogan

Nicole POPE
Le Monde - 19/11/2002

 

1 - En tant que chef de file de l'AKP, le parti qui a remporté les législatives du 3 novembre, vous effectuez, depuis mercredi 13 novembre, une tournée européenne. Quelle a été l'attitude des dirigeants que vous avez rencontrés sur la candidature de la Turquie à l'Union européenne (UE) ?

Les réactions des trois chefs de gouvernement (italien, Silvio Berlusconi, grec, Costas Simitis, et espagnol, José Maria Aznar) ont été très favorables.

Mes collègues et moi-même déployons actuellement tous nos efforts pour atteindre notre but. Les premiers ministres européens connaissent la situation et ils savent ce que nous voulons accomplir.

Nous avons maintenant un Parlement à deux partis et un gouvernement fort. Avec ce pouvoir fort, nous devrions réussir à finaliser le processus d'adhésion à l'Europe.

Le 12 décembre [au sommet de Copenhague], nous devons obtenir une date. L'Union européenne ne fera pas une erreur en nous l'accordant, car la Turquie n'est pas différente des pays qui sont en train de négocier ou de compléter leur adhésion. Au cours de la période écoulée, le gouvernement et l'opposition ont démontré qu'ils étaient unis dans leur désir d'être membre de l'UE. Cette unité va continuer.

2 - Craignez-vous que les dirigeants européens vous fassent des promesses qu'ils ne vont pas tenir ?

Bien sûr, il y a eu des exemples de ce genre dans le passé. Mais si vous faites attention, vous constaterez que toutes les déclarations ont été faites devant les médias, devant le monde-- Nous soutenons les efforts de la Turquie en vue d'obtenir une date pour le début des négociations d'adhésion, ont-ils unanimement affirmé.

De plus, l'UE ne va rien perdre. Les négociations vont prendre cinq ans, six ans, sept ans. Durant cette période, nous aurons l'occasion de pallier nos lacunes. Les autres pays candidats ont également dû résoudre leurs problèmes. Mais si le résultat est négatif le 12 décembre, ce sera une honte face au reste du monde.

3 - Vous tentez en ce moment de créer un climat de détente avec la Grèce et de résoudre le problème de Chypre. Quelle sera la prochaine étape en ce qui concerne Chypre ?

Du point de vue du timing, c'est une période difficile. Rauf Denktas (le leader de la partie turque de l'île) est malade. En Turquie, il y a eu une absence de gouvernement et au milieu de tout cela, le plan des Nations unies est sur la table. Le cabinet (turc) a maintenant été formé et nos collègues vont commencer les discussions préliminaires. Nous allons demander l'opinion de toutes les parties concernées, nous allons aussi parler à M. Denktas. Ensuite, la situation sera plus claire.

Le plan de l'ONU a des aspects positifs et des aspects négatifs. Mais notre position est entièrement en faveur de négociations. Nous ne pouvons résoudre ces questions-qu'en négociant. Nous sommes déterminés à confronter ces problèmes de façon directe et avec bonne volonté. Ni la Turquie et la Grèce, ni Chypre ne peuvent se permettre le luxe de continuer sans solution.

      

 

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