La droite classique turque, grande perdante aux législatives ANKARA, 4 nov (AFP) - La droite classique représentée par les anciens Premiers ministres Mesut Yilmaz et Tansu Ciller est l'une des grandes perdantes des élections législatives de dimanche en Turquie, n'ayant pu envoyer aucun représentant au prochain parlement.
Le parti de la Gauche démocratique (DSP) du Premier ministre sortant Bulent Ecevit et l'extrême droite représenté par le MHP ont également été écartés du prochain parlement.
M. Yilmaz, chef du parti de la Mère Patrie (Anap), partenaire du gouvernement de coalition du Premier ministre sortant Bulent Ecevit, et Mme Ciller qui préside le parti de la Juste Voie (DYP), ont chacun subi un cuisant revers.
Faute de n'avoir pas franchi le seuil minimum de 10% des suffrages à l'échelle nationale, ces deux formations ne pourront être représentées à la prochaine Assemblée.
Selon les résultats complets officieux, l'Anap a remporté 5% des voix et le DYP 9,5% des suffrages.
Ces deux formations avaient recueilli respectivement 13,2% (71 députés) et 12% (84 députés) des voix aux élections de 1999.
M. Yilmaz et Mme Ciller ont été accusés de corruption et d'irrégularités lorsqu'ils dirigeaient des coalitions gouvernementales.
Les électeurs n'auraient pas pardonné, selon les observateurs, leur obstination de se maintenir à la tête de leurs partis, malgré ces accusations.
Une partie de l'électorat de droite classique a reporté ses suffrages sur le parti de la Justice et du Développement (AK), dirigé par Recep Tayyip Erdogan, qui a remporté la victoire aux élections avec 34% des voix.
L'AK, qui formera à lui seul le prochain gouvernement, rejette l'appellation d'"islamiste" et se qualifie de conservateur depuis sa formation il y a un an sur les cendres d'un parti islamiste interdit.
Le Genc parti (GP, droite populiste), dirigé par l'homme d'affaires controversé Cem Uzan qui a réalisé un score de 7% pour son premier coup aux élections, y est également pour beaucoup dans la déroute de ces partis en raison de sa "virginité" politique, estimaient les analystes.
L'Anap créé en 1983, trois ans après le putsch militaire par l'ex-président Turgut Ozal, est en proie à un effritement de ses voix aux élections depuis le décès de son fondateur en 1993.
M. Yilmaz, vice-Premier ministre sortant, chargé du dossier européen, avait fait de l'intégration de la Turquie à l'Union européenne le thème principal de sa campagne électorale et avait courtisé les voix des électeurs kurdes.
Mme Ciller, connue comme la "dame de fer de Turquie", restera cependant dans les annales de la vie politique turque comme première femme à avoir mené un gouvernement, en 1993, depuis la fondation de la Turquie moderne par Mustafa Kemal Ataturk sur les ruines de l'Empire ottoman.
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