Les six zones déjà frappées sont sous surveillance renforcée
Christiane Galus
Le
Monde - 12/01/2006
ISTANBUL (Turquie). Il existe une probabilité d'environ
90 % pour qu'un séisme important de magnitude 7 à 7,5 touche Istanbul, au
plus tard dans trente-deux ans. Cette menace est due à la faille nord-anatolienne, qui
balafre la Turquie d'est en ouest sur plus de 1 000 km et qui se poursuit jusqu'en mer de
Marmara. Elle est la marque de l'affrontement de la plaque arabique contre la plaque
eurasiatique. Les recherches menées par les scientifiques français et turcs en mer de
Marmara ont permis d'observer au fond de la mer les traces de plusieurs séismes
historiques datant de 1912, 1963 et 1999, et de constater qu'il reste, selon eux, 70 km de
faille "à briser" face à Istanbul.
SAN FRANCISCO (Etats-Unis). Le risque pour la baie de San
Francisco d'être frappée, d'ici vingt ans, par un séisme d'une magnitude supérieure à
7 est de 1 à 4. Le réseau de failles en jeu dans ce futur tremblement de terre part du
fond du golfe de Californie et court tout au long de l'ouest de la Californie. Il résulte
de l'affrontement des plaques américaine (à l'est) et pacifique (à l'ouest). Point
positif : les règles de construction parasismique sont, en principe, respectées à San
Francisco.
TOKYO (Japon). Le Japon est situé à proximité d'une
frontière active de plaques. Il s'agit d'une zone de subduction où la plaque pacifique
plonge sous la plaque eurasiatique. Celles-ci s'affrontent à la vitesse de 9 cm par an.
Les autorités japonaises s'attendent donc à un séisme très important dans cette zone
car la région de Tokyo-Yokohama est sous la menace de quatre failles actives. Elles
redoutent une répétition du tremblement de terre de 1923, qui avait provoqué la mort de
142 000 personnes.
Nord du CHILI. La zone côtière du Chili est l'une des
régions du monde où les sismologues attendent un séisme majeur, de magnitude
supérieure à 8. La subduction de la plaque nazca sous celle du continent sud-américain
s'effectue à une vitesse moyenne de 9 cm par an et entraîne du fait de cette
"brutalité" des contraintes tectoniques énormes. Dans le passé, en 1868 et
1877, deux séismes majeurs ont rompu deux segments de cette zone de subduction. Or le
temps de récurrence de ce type de séisme est d'environ cent ans.
LIBAN. La faille du Levant zone frontière entre
les plaques africaine et arabique qui part du golfe d'Aqaba et traverse tout le
Proche-Orient jusqu'à Antioche, présente un risque sismique pour la région. Une équipe
française étudie le chevauchement "Tripoli-Beyrouth", qui plonge sous la mer
à Tripoli et dont le glissement soudain a sans doute détruit Beyrouth en 551. La région
a connu plusieurs grands séismes qui ont dévasté le Liban en 1202, 1759 et 1837.
Région de LANZHOU (nord-ouest de la Chine). Selon les
spécialistes, la plus grande partie du territoire chinois est menacée par des séismes
de magnitude supérieure à 8. Mais à une centaine de kilomètres de Lanzhou, région
très peuplée du nord-ouest de la Chine, un segment de 200 km de la faille de Haiyuan n'a
pas bougé depuis le XIIIe siècle. Du fait des tensions qui s'accumulent dans cette zone
depuis cette époque, on peut s'attendre, à tout moment, à une rupture particulièrement
brutale. |