Le virus poursuit rapidement sa progression
dans quinze provinces turques
Le Figaro - 10/01/2006
8 octobre 2005. Les premiers cas de H5N1 sont découverts
sur des oiseaux sauvages autour de Kiziksa, dans l'ouest du pays, le long de la mer de
Marmara. Des mesures de quarantaine sont prises.
9 décembre 2005. La Turquie annonce qu'elle a triomphé
de la grippe aviaire dans le nord-ouest du pays et que l'épizootie est enrayée.
15 décembre 2005. A plus de 1 500 km à l'est des
premières infections, un nouveau foyer est confirmé dans la province d'Aralik, qui
concernait 1 559 animaux et faisait 1 200 morts chez des oiseaux d'élevage,
essentiellement des poules, des oies, des dindes et des canards. La zone est à quelques
kilomètres de l'Arménie, de l'Iran et de l'Azerbaïdjan. Rajan, l'un des villages
touchés, est justement sur l'une des principales voies de migration des oiseaux sauvages
au-dessus de l'Anatolie.
27 décembre 2005. Le ministre de l'Agriculture, Mehdi
Eker, a annoncé l'existence de trois nouveaux foyers animaux dans la province d'Igdir,
près de la frontière arménienne. Et trois autres encore auraient été identifiés dans
une autre province un peu plus à l'ouest, celle d'Erzurum, à 250 kilomètres d'Igdir.
1er janvier 2006. On apprend que quatre enfants de la
même famille, venant de la ville de Dogubeyazit (province d'Agri), ont été
hospitalisés à l'hôpital de Van pour des symptômes proches de la grippe aviaire. L'un
deux, Mehmet, 14 ans, meurt le soir même. Le lendemain, 2 janvier, les autorités turques
affirment que l'enfant n'est pas mort de la grippe aviaire, mais qu'il s'agissait d'une
infection pulmonaire, d'une pneumonie.
4 janvier 2006. Les analyses montrent que Mehmet est bien mort à cause du virus H5N1 de
la grippe aviaire. C'est le premier mort de l'épidémie en dehors de l'Extrême-Orient.
Les 5 et 6 janvier, on apprend la mort des deux soeurs de Mehmet, l'adolescent de la
famille Koçyigit, à cause du même virus.
8 et 9 janvier 2006. A Van, où sont morts les trois
enfants de la famille Koçyigit, deux autres enfants, Ayqegul Orcan (5 ans) et Yusuf Orcan
(3 ans), sont hospitalisés. Ils sont bien contaminés par le virus H5N1. Ailleurs dans le
pays, les foyers animaux et les cas humains, suspects ou avérés, se multiplient.
Pour l'ensemble des provinces où sévit le virus, 93
malades sont hospitalisés. La région d'Urfa, au sud du pays, est touchée : un malade
suspect hospitalisé et 200 volailles de huit villages tuées par le virus. Dans la ville
et aux environs de Diyarbakir, six personnes sont hospitalisées et sous traitement
antiviral, les analyses de confirmation sont en cours.
A Ankara, trois personnes d'une même famille sont hospitalisées au CHU Numune Iyaf.
Mustafa Canahr, 60 ans, a touché une poule ; ses deux petits-enfants, Iskenden (2 ans) et
Mnammer (5 ans) ont joué avec les gants souillés.
A 100 kilomètres à l'ouest d'Ankara, près de Yozgat,
quatre villages ont vu mourir 2 500 volailles et trois personnes sont à l'hôpital par
précaution. A Bursa, à 100 kilomètres au sud d'Istanbul, des communes et des villages
ont été mis en quarantaine, et les militaires détruisent des poules avec des
fonctionnaires de l'agriculture. Enfin, à Istanbul, une famille venue de l'Est et dont
plusieurs membres présentaient des symptômes ont consulté en urgence. Une fausse
alerte.
Les autorités ont à ce jour confirmé 14 cas humains de
grippe aviaire H5N1 après vérification des échantillons par le laboratoire de
référence de l'Organisation mondiale de la santé. |