L'UE prend des mesures et tente de rassurer sur la grippe aviaire
Le Monde - 09/01/2006
Douze malades, tous porteurs du virus hautement
pathogène H5N1 de la grippe aviaire, étaient hospitalisés en Turquie, lundi 9 janvier,
où l'épizootie s'est étendue à l'ensemble du territoire, contraignant la Commission
européenne à renforcer son dispositif de lutte contre ce fléau.
Dès mardi, Bruxelles interdira l'importation de plumes
non traitées de six pays voisins des zones touchées de l'est de la Turquie
(Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie, Syrie, Iran et Irak). La viande et tous les autres
produits à base de volailles provenant de ces pays étaient déjà interdits. A ce
propos, le gouvernement allemand a mis en garde lundi contre les transports illégaux de
volailles en provenance de Turquie, en annonçant la plus grande sévérité à l'égard
des contrevenants. Il a également appelé les touristes dans ce pays à éviter les
marchés de volaille.
"A mon avis, les autorités turques ont pris les
mesures nécessaires", a affirmé Michael Mann, un des porte-parole de la Commission
européenne. Ses propos font écho à ceux du chef de la délégation d'experts de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS), arrivé dimanche soir dans la région de
Dogubezayit (est), ville où ont été enregistrés les deux premiers décès dus à la
grippe aviaire, pour analyser la situation épidémiologique. "Sur le plan de la
santé humaine, la prise en charge de la crise est bonne. Ils ont été réactifs (...) et
leur réaction est structurée", a estimé le chef de la délégation de l'OMS
Guenael Rodier.
PAS DE NOUVELLES MESURES EN FRANCE
A l'image de l'Union européenne la France a décidé de ne pas modifier son dispositif.
Le ministre de la santé, Xavier Bertrand, a indiqué que, "à ce stade, l'OMS et la
France maintiennent le niveau actuel du plan de lutte contre une pandémie grippale".
De même, le ministre de l'agriculture, Dominique Bussereau, a indiqué que"le
gouvernement n'envisage pas de mesures complémentaires", car "nous sommes
déjà au maximum des précautions possibles" et "tout le réseau vétérinaire
est mobilisé".
Des médecins des 25 Etats membres de l'Union
européenne, experts en épidémiologie humaine, se réuniront jeudi à Luxembourg pour
analyser l'évolution de l'épidémie de grippe aviaire.Ces médecins experts vont
"discuter des mesures à prendre pour se coordonner entre Etats membres, ils vont
examiner les plans nationaux et le plan européen et ils vont évoquer les canaux de
communication", selon la Commission européenne.
Les déclarations rassurantes de la Commission et de l'expert de l'OMS tranchent avec les
critiques émises depuis quelques jours en Turquie même, à l'encontre du gouvernement
turc. Le ministre de la santé, Recep Akdag, arrivé lundi à Dogubeyazit, a ainsi été
bousculé par des habitants dénonçant l'inaction des autorités.
Selon les autorités sanitaires turques, les malades
recensés jusqu'à présent vivaient au contact de volailles infectées. Le premier
ministre turc Recep Tayyip Erdogan a d'ailleurs appelé les Turcs, spécialement ceux qui
élèvent des volailles, à remettre aux autorités leurs animaux malades qui doivent
être abattus pour lutter contre la propagation de la grippe aviaire.
La grippe aviaire inquiète le secteur du tourisme en
Turquie, source vitale de revenus de l'économie nationale. La Russie et la
Grande-Bretagne, dont les touristes sont parmi les plus nombreux sur les côtes turques,
ont déjà conseillé à leurs ressortissants d'éviter la Turquie et en particulier les
zones touchées par la maladie. |