Istanbul, Fenerbahce veut accueillir Milan AC "avec des fleurs" Nicolas Cheviron Le Monde - 23/11/2005 Le club de Fenerbahce a mis les petits plats dans les grands pour accueillir le Milan AC à Istanbul, où les deux formations s'affrontent, mercredi 23 novembre, pour le compte de la 5e journée de la Ligue des champions. Pour les Stambouliotes, il s'agit de faire oublier les violences qui avaient entaché la fin du match de l'équipe nationale contre la Suisse, mercredi 16 novembre (Le Monde du 18 novembre).
"Nous allons montrer la vraie hospitalité turque, a assuré Nihat Özdemir, l'un des présidents de Fenerbahce, lundi 21 novembre. Nous avons joué beaucoup de matches, nous avons gagné, perdu ou fait match nul, mais nous nous sommes toujours comportés en gentlemen." La formation lombarde sera ainsi, selon M. Özdemir, accueillie dès sa descente d'avion "avec des fleurs" par des dirigeants de Fenerbahce, qui lui épargneront les formalités douanières et l'accompagneront, avec l'escorte policière ad hoc, jusqu'au stade Sukru Saraçoglu, où doit se jouer larencontre devant 43 000 spectateurs turcs et quelque 200 supporteurs italiens. Après avoir qualifié ce match comme étant "à haut risque", l'Union européenne de football (UEFA) a délégué un officier de sécurité. L'atmosphère n'est pas à l'esclandre à Istanbul, après l'ouverture par la commission de discipline de la FIFA d'une enquête sur les incidents qui ont suivi la qualification des Suisses pour la Coupe du monde 2006. Après avoir tiré à boulets rouges sur le président de la Fédération internationale de football (FIFA), le Suisse Sepp Blatter, pour avoir mis en cause la fédération turque avant même que les observateurs du match rédigent leurs rapports, la presse stambouliote a multiplié les appels à l'autocritique et à des sanctions contre l'encadrement de l'équipe au croissant étoilé.
"DÉMISSIONNEZ IMMÉDIATEMENT !" "Vous avez joué avec l'honneur de la Turquie. Démissionnez immédiatement !", a ainsi assené le quotidien populaire Aksam, visant l'entraîneur Fatih Terim, accusé d'avoir mis de l'huile sur le feu après le match aller, à Berne, le 12 novembre, et les dirigeants de la fédération turque. Le ministre d'Etat Mehmet Ali Sahin, chargé des sports, a repris, en termes à peine voilés, la même antienne. "Aucune fédération ne peut présenter la Turquie comme un pays où se commettent des délits antisportifs, a-t-il affirmé. Ceux qui font connaître la Turquie par le biais du sport ne peuvent pas (la) dévaloriser. Faute de quoi, il ne leur reste plus qu'à se soumettre aux sanctions qui découlent (de leur attitude)." "Si des présidents et dirigeants inefficaces de fédérations ne font pas le nécessaire eux-mêmes, je les relèverai de leurs fonctions", a-t-il menacé, sans faire explicitement référence à la Fédération de football turque. Dès le coup de sifflet final du match Turquie-Suisse (4-2), les joueurs suisses avaient dû se réfugier dans les vestiaires afin d'éviter les projectiles provenant des tribunes. Une bagarre générale avait ensuite éclaté, impliquant agents de sécurité, cameramen, joueurs et responsables techniques des deux pays. Au lendemain de ces incidents, Sepp Blatter avait réclamé de lourdes sanctions contre la Turquie. La commission de discipline de la FIFA doit entendre les protagonistes de l'affaire les 28 et 29 novembre à Zurich, avant de prendre une décision le 9 décembre, selon la fédération turque. Par ailleurs, Benjamin Huggel, un international suisse du club allemand de Francfort, assure avoir reçu des menaces de mort après avoir été impliqué dans les incidents de la fin du match Turquie-Suisse. |