La Belgique cherche à renforcer ses liens économiques avec la Turquie... La Dernière Heure, 4 novembre 2003 Le départ de Renault et de Ford vers la Turquie n'inquiète pas Verhofstad Septante millions de consommateurs dans un pays qui doit tôt ou tard rejoindre l'Union européenne: voilà un marché qui n'est pas à négliger. La Belgique l'a compris. Pour preuve, le Premier ministre Guy Verhofstadt était accompagné lundi et mardi d'une quinzaine d'hommes d'affaires belges représentant des sociétés déjà présentes en Turquie. «De plus en plus d'entreprises belges investissent en Turquie», se félicite-t-il. Mardi midi, il rencontrait à Istanbul, capitale économique du pays, les membres de la Chambre de commerce belgo-turque. Et la tendance devrait se renforcer encore dans les années à venir: Guy Verhofstadt a en effet annoncé qu'une mission économique dirigée par le prince Philippe se rendra en Turquie en mai prochain. C'est dire si la Belgique mise sur la Turquie. «Nos relations bilatérales sont bonnes. Mais nous voulons encore les améliorer», souligne le Premier ministre. Sur le plan politique, Guy Verhofstadt est le premier Premier ministre belge à avoir effectué une visite officielle depuis des décennies. Ses rencontres avec son homologue turc sont fréquentes: trois fois en un an. Et la Belgique est considérée comme un allié dans sa volonté de rejoindre l'Union européenne. Sur le plan économique, la Turquie est le 20e partenaire de la Belgique. Et notre balance commerciale est largement positive (plus de 630 millions d'euros en 2002). Et Guy Verhofsdadt estime que les entreprises belges doivent mettre le cap sur la Turquie, comme elles l'ont fait en Pologne, en Hongrie ou en Tchéquie, afin d'anticiper leur future adhésion à l'Union européenne. La Turquie, pourtant, peut être vue comme une concurrente directe, comme une menace pour nos emplois: la délocalisation de la construction des véhicules Transit à Genk s'est faite... vers une autre entreprise Ford... en Turquie. «En Belgique, certaines personnes craignent que lorsque la Turquie rejoindra l'Union européenne, le business va se délocaliser, entraînant une perte d'emplois», a d'ailleurs souligné Guy Verhofstadt dans son discours devant la chambre de commerce. Mais l'expérience montre, souligne Guy Verhofstadt, que les quinze entreprises l'accompagnant ayant investi dans ce pays ont créé des emplois en Turquie, et ce, sans en supprimer en Belgique. «Quand IBA vend un cyclotron de 16 millions de dollars, il est fabriqué à Louvain-la-Neuve. De même, l'engineering de Tractebel, qui a investi un demi-million d'euros, reste en Belgique», note-t-il. Mais tout est loin d'être parfait. L'économie n'est pas encore assez ouverte. Les investisseurs souhaiteraient aussi une plus grande stabilité tant fiscale que juridique. Et la Turquie se débat encore aujourd'hui avec une inflation de quelque 60%. Reste que le marché turc s'annonce prometteur pour les entreprises belges, estime le Premier ministre belge. |