La Turquie "cheval de Troie" du terrorisme international : Shimon Samuels (AFP - 19/11/2003) - La Turquie, où un double attentat contre deux synagogues à Istanbul a fait 25 morts, dont six membres de la communauté juive, est considéré comme "un cheval de Troie" par le terrorisme international, estime Shimon Samuels, responsables des relations internationales du centre Simon Wiesenthal de Paris. Q: Pensez-vous que ce double attentat de samedi contre la communauté juive de Turquie soit le résultat d'une radicalisation de la société turque, du renforcement d'un sentiment antisémite dans ce pays? R: Absolument pas, car la Turquie se comporte de manière exemplaire vis-à-vis de cette communauté, elle fait tout ce qu'il faut faire, mais c'est clairement un acte téléguidé, venu de l'étranger, importé en Turquie. Car c'est un pays considéré comme un cheval de Troie par le terrorisme international pour ce qu'il est, non pas pour les juifs qui en font partie. Elle est attaquée pour son alliance étroite avec les Etats-Unis et l'Europe également. Q: Que peut faire la Turquie dans un contexte pareil? R: C'est à l'Europe de prendre ses responsabilités, de défendre les valeurs de la société turque contre le fondamentalisme, de s'allier définitivement ce pays de tolérance contre l'intolérance qui le menace à son tour. C'est ce que j'avais défendu dans une lettre au président Giscard d'Estaing lorsqu'il avait estimé que la Turquie n'avait pas sa place dans l'Europe. C'est exactement l'inverse, c'est la leçon des événements auxquel nous assistons. Q: Quelle est la signification internationale de ce double attentat? R: La situation actuelle est le fruit de la propagation par la télévision satellite et les autoroutes de l'information de programmes entiers attisant la haine antisémite, louant les attentats suicide, diffusant des textes attaquant les juifs. C'est un processus graduel, nous avons vu quelle en était la dernière étape, mais où cela va-t-il s'arrêter? Je me demande... Cela frappe les juifs, mais cela ne s'arrête pas aux juifs, comme nous l'avons vu avec la Turquie, cela concerne donc tout le monde. Moi, je suis fatigué d'aller de ville en ville, de funérailles en funérailles. |