hautdroite2.gif (179 octets)

Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

IMMIGRATION

--- Retour ---

À Paris, un défilé pour le port du voile moins important que prévu

Mina Kaci
L'Humanité - 19/01/2004

 

Ils étaient à peine 5 000 à manifester, samedi à Paris, contre le projet de loi sur la laïcité. Ce chiffre, évalué par les observateurs sur place, a été doublé dans la soirée par la police et repris sans scrupule par certains médias. Pourquoi un tel calcul ? Qui a intérêt au machiavélisme à l'heure où il convient d'éclairer l'opinion sur un sujet explosif ? Ce deuxième défilé, après celui du 21 décembre rassemblant 3 000 personnes, montre que les partisans d'un islam politique et radical demeurent jusqu'à présent minoritaire en France. Leur agitation bruyante ne doit pas masquer cette incontournable donnée.

En tête du cortège, juché sur un camion sonorisé, Mohamed Latrèche, le président du Parti des musulmans de France (PMF), organisateur officiel de l'événement, s'est, une fois de plus, illustré par son discours ouvertement antisémite. Beuglant dans le micro, il n'a cessé de comparer les juifs qui ont " tout " et les musulmans qui n'ont " rien ". " Vous avez dit, M. Chirac, que les juifs sont en France depuis 2 000 ans, croyez-vous que nous allons attendre 2 000 ans pour ouvrir notre bouche ? ", criait-il. Ou encore : " M. Chirac, vous avez dit "quand on touche à un juif, on touche à la France", moi je dis "quand on touche à un musulman, on touche à la France". " Très applaudi par les manifestants à l'avant du défilé, composé essentiellement des militants de sexe masculin, Mohamed Latrèche s'en est également pris au pacs et à " la société permissive " et à ceux " qui se sentent choqués par le foulard et pas par l'homosexualité ". Un discours très apprécié par le cheikh Sadrettin Fadlallah, chef du Hezbollah (Parti de Dieu) libanais. À ses côtés, se mêlaient des chiites et des salafistes (islam rigoriste) en habits " de prophète ".

Mais sans doute, le plus gros bataillon provenait-il des militant(e)s de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Ses associations ont mis une sorte de frontière pour se démarquer du PMF et ont manifesté avec leur propre service d'ordre. Parmi eux, le collectif de Saint-Quentin-en-Yvelines. Ici, on empêche les reporters d'interviewer les femmes, qu'un cordon d'hommes encercle. " Allez voir le responsable, lui, répondra à vos questions ", nous dit-on. Le responsable, qui n'est autre que le président de l'union des musulmans de Trappes (voir notre enquête du 8 décembre 2003), justifie cette interdiction : " Les journalistes déforment les propos ", nous déclare-t-il.

La foule d'hommes et de femmes, à égalité en nombre, s'est répartie les rôles dans la manifestation : le sexe féminin scande les slogans et brandit les pancartes ; le sexe masculin assure la sécurité et, sono en mains, dicte les mots d'ordre. Ainsi, l'un des militants hurle dans l'appareil : " Dalil (Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman - NDLR) t'es foutu, les musulmans sont dans la rue... " Contrairement au rassemblement du 21 décembre dernier, les hommes ne s'empêchent pas, cette fois-ci, de donner leur point de vue dès qu'un ou une journaliste s'approche des femmes. L'un d'eux, venant d'Amiens, affirme : " On va nous entendre aux prochaines élections. Notre voix, celle des musulmans, va se négocier cher. " Un chantage largement inscrit sur les pancartes et autres calicots. On pouvait également lire des mots d'ordre directement adressés au président Chirac et au ministre Sarkozy, sommés de revenir sur leur décision.

D'autres mots d'ordre ont été scandés, tels : " France tu es ma patrie, hidjab tu es ma vie " ; " Communautarisme, avenir de la République " ; " Halte au tapage médiatique du voile islamique ", ou encore : " La pudeur est un droit, le foulard c'est mon honneur ". Nadia, vingt ans, aide-soignante, affirme qu'en effet le voile signifie " la pudeur, c'est une protection. Comme ça, on ne va pas voir si j'ai des grosses ou petites fesses, d'autant que j'habite un quartier à Évry, pas évident. Mais chez moi, pour mon mari, je mets toutes sortes de minijupes. On reconnaît la femme musulmane par rapport à sa pudeur ". Une étudiante de Troyes, ajoute : " Si demain, on me retire mon voile, je me sentirai toute nue. " Une autre femme, Houria, mère au foyer, explique : " Si on accepte cette loi, on ouvre la porte à tous les abus. Pour nous, les musulmans, il n'y a pas d'un côté la République et de l'autre la religion. La laïcité n'est pas juste si elle doit me dicter ma façon d'être. Parce que les chrétiens ont accepté la séparation de l'Église et de l'État, qu'il y a moins de pratiquants. Autant les mosquées se remplissent, autant les églises se vident. " Elle poursuit : " Aux USA, le voile est permis partout. La France se permet de donner des leçons aux Américains et, ici, elle nous oblige à descendre dans la rue. " À quelques jours de l'examen du projet de loi en Conseil des ministres, d'autres démonstrations de forces sont prévues, notamment le 7 février, lors de sa discussion à l'Assemblée nationale.

    

 

[Présentation] [Press-Book] [Album] [Activités] [Actualités] [Nous Contacter] [Olusum/Genese]
[Dossier O/G] [Editions A TA TURQUIE] [Bibliographie] [Bibliothèque] [Poésies] [Hommage] [Galeries]
[Exposition] [Manifestations] [Annuaire] [Annonces] [Informations] [Liens] [Carnet Rose] [Quoi de Neuf]

Copyright 1999-2000 © Site créé par ATATURQUIE
Tel : 03 83 37 92 28 / Fax : 03 83 37 83 30 / poste@ataturquie.asso.fr
Webmaster :
Dominique SOUTREL
Site optimisé en 1024 x 768 pour Microsoft Internet Explorer 5

basdroite.gif (174 octets)