hautdroite2.gif (179 octets)

Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

EUROPE - TURQUIE
Point de vue

--- Retour ---

Après Bruxelles...

Murat V. ERPUYAN
20/12/2004

 


A l'issue de la Réunion du Conseil Européen, un pas est franchi : les négociations commenceront le 3 octobre 2005.
Premier constat : l'U.E. est un ensemble qui ne respecte pas sa parole et change ses règles selon son bon vouloir. La candidature turque est traitée d'une manière discriminatoire. A Helsinki, en 1999, ce Conseil avait déclaré "que la Turquie était un pays candidat, qui a vocation à rejoindre l'Union sur la base des mêmes critères que ceux qui s'appliquent aux autres pays candidats ". Qui peut prétendre que la base des mêmes critères est appliquée ?
Pour la première fois, par cette déclaration, l'U.E. souligne que les négociations ne peuvent pas forcément aboutir. Jusqu'à présent cette indication n'apparaissait nullement.

Les déclarations de Bernard Bot, Ministre des affaires étrangères du Pays-Bas, justifient mon point de vue ; puisqu'elles soulignent ce traitement spécifique et ajoute qu'en raison des référendums dans certains pays, l'adhésion risque de ne pas se réaliser.

Ces négociations, dont l'issue est incertaine, dépendent de nombreux aléas et elles sont renforcées par "de longues périodes transitoires, des dérogations, des arrangements spécifiques ou des clauses de sauvegarde permanentes, c'est-à-dire des clauses pouvant être invoquées en permanence comme base pour des mesures de sauvegarde, pourront être envisagées".

Imaginez-vous un membre privé qui puisse utiliser à jamais un certain nombre de droits que tous les autres membres puissent jouir ? C'est implicitement ouvrir la voie à un statut particulier réclamé par la droite allemande et par certains hommes politiques français.

A propos de la question de Chypre l'U.E. perpétue son cafouillage. Certes, il est naturel qu'un candidat à l'adhésion ne puisse pas ne pas reconnaître un des membres de cet ensemble. Mais l'U.E. aurait dû corriger d'abord ses erreurs avant d'exiger de la Turquie une reconnaissance et n'aurait pas du encourager le fautif. Cette volonté n'existe pas, dommage.

Rappelons la déclaration de Verguehen, ancien Commissaire chargé de l'élargissement, après les référendums sur l'île : "nous avons été dupés". L'U.E. avait mis tout son poids pour l'adoption du plan Annan pour tenir sa promesse d'inclure Chypre, en entier. Elle a dépensé des sommes considérables, notamment dans la partie turque de l'île pour que le plan soit adopté et qu'il y ait, avant l'adhésion, un gouvernement représentant l'ensemble des populations. La partie turque, après tant d'années de souffrances dues à l'isolement et à l'embargo (est-il digne de punir une population par un embargo le privant même de participer aux compétitions sportives ?), avait dit "oui" au plan de réunification et c'est la partie grecque qui a dit "non". Mais ce "non" n'a pas constitué une seule seconde un handicap à son adhésion, laissant sur le quai la partie qui a joué le jeu. En plus, l'isolement et l'embargo continuent. Les promesses ne sont pas n'ont plus tenues, ici aussi.

En réalité la résolution adoptée par le Parlement européen, le 15 décembre 2004, offrait suffisamment de légitimité à une "oui à la Turquie" au lieu d'un "oui, mais, si, peut-être…".

La Turquie a obtenu une date, qui à mon avis n'est pas compatible avec la promesse "sans délais" mais n'apporte aucune certitude à l'aboutissement. Certains observateurs considèrent, je crains à juste titre, que cette adhésion relève d'un miracle.

J'ai peur que la politique d'endormissement qui a duré jusqu'à présent continue. Après tout, l'U.E. ne pouvait dire un "non" franc. Alors que l'endormissement a marché jusqu'à présent et du coup pouvait poursuivre dans le futur.

Deuxième constat, c'est que la Turquie n'avait pas pu résister et ceci probablement pour des raisons de politique interne. Je suis consterné de voir le show organisé à Ankara par les responsables de AKP au retour du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. Il n'y avait rien pour faire une fête. Alors, ceci me rappelle le retour, après la signature de l'accord sur l'union douanière, d'une certaine Tansu Çiller, Premier Ministre à l'époque, appelé la "conquérante de l'Europe". L'histoire nous a bien montré comment cette union a été mal négociée et qu'elle a coûté à la Turquie des milliards d'euros sans contrepartie.

Je me demande, si le Premier ministre turc, n'ayant pas quitté Bruxelles en précisant que le contenu de la déclaration n'était pas acceptable pour la Turquie, n'a pas manqué l'occasion de passer à l'histoire. A mon niveau, je ne suis pas capable de savoir si cet acte était opportun ou non, mais de toute façon il faut la carrure d'un grand homme d'état pour le faire.

Côté turc, les efforts pour la conformité aux normes de l'U.E. seront bénéfiques pour la Turquie et pour la société turque. C'est le seul point positif même à la fin la déception peut générer des frustrations que la portée ne peut être prévue à l'heure actuelle.

Aujourd'hui je ne sais pas si le verre est moitié vide ou moitié plein. J'ai l'amertume, je suis déçu des deux côtés et dans ce contexte sentimental je vois le verre plutôt vide… L'avenir est incertain, d'abord parce que la confiance n'existe pas, l'égoïsme du partenaire européen est prouvé (combien de fois nous avons entendu : ah! dans les années 60 l'Europe avait besoin de la Turquie…)…

Ceci dit, je n'ai pas changé d'avis : l'Europe est une chance pour la Turquie et la Turquie est une chance pour l'Europe. Donc, je souhaite poursuivre mon engagement dans ce sens…

La Turquie Européenne

  

 

[Présentation] [Press-Book] [Album] [Activités] [Actualités] [Nous Contacter] [Olusum/Genese]
[Dossier O/G] [Editions A TA TURQUIE] [Bibliographie] [Bibliothèque] [Poésies] [Hommage] [Galeries]
[Exposition] [Manifestations] [Annuaire] [Annonces] [Informations] [Liens] [Carnet Rose] [Quoi de Neuf]

Copyright 1999-2000 © Site créé par ATATURQUIE
Tel : 03 83 37 92 28 / Fax : 03 83 37 83 30 / poste@ataturquie.asso.fr
Webmaster :
Dominique SOUTREL
Site optimisé en 1024 x 768 pour Microsoft Internet Explorer 5

basdroite.gif (174 octets)