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EUROPE - TURQUIE

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L'UE toujours incapable de définir
une attitude commune vis-à-vis d'Ankara

Le Monde - 20/09/2005

 

A moins de deux semaines de l'ouverture officielle des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, les Européens n'arrivent toujours pas à s'accorder sur une attitude commune vis-à-vis d'Ankara, notamment en réponse à son refus de reconnaître Chypre.

Pourtant, lundi soir, les ambassadeurs des 25 à Bruxelles avaient enfin réussi à s'accorder pour affirmer que "la reconnaissance de tous les Etats membres est une composante nécessaire du processus d'accession". Le texte demande la reconnaissance de Chypre par Ankara, mais sans fixer de date précise, l'application "pleine et sans discrimination" du protocole à tous les Etats membres et un contrôle de cette mise en œuvre en 2006.

Cette déclaration obtenue de haute lutte après plusieurs semaines de discussions aurait due être approuvée formellement mardi lors d'une réunion ministérielle. Mais "à la demande de la délégation chypriote, la présidence britannique a retiré le point sur la Turquie de l'ordre du jour", a précisé un porte-parole de la présidence.

BLOCAGE SUR UN PARAGRAPHE ANNEXE

Selon des sources diplomatiques, Nicosie ne remet pas en cause les termes de la dernière version du texte mais un paragraphe annexe. Les Vingt-Cinq s'y engagent à ne pas rouvrir pendant les discussions sur le cadre de négociations les sujets déjà couverts par la contre-déclaration.

"Les Chypriotes veulent garder les mains libres pendant ces discussions" sur le mandat de négociation, a estimé une source diplomatique. Ces pourparlers, qui doivent aboutir avant l'ouverture officielle des négociations prévue le 3 octobre à Luxembourg, s'annoncent déjà délicats. Plusieurs délégations avaient déjà proposé des amendements au projet présenté en juin par la Commission, selon une source diplomatique.

Mais le point le plus sensible devrait être la possibilité d'inclure explicitement dans le mandat de négociations une alternative à l'adhésion, comme l'a demandée l'Autriche. Toutefois cette éventualité d'un "partenariat privilégié" a toujours été catégoriquement rejetée par Ankara qui a menacé de cesser toute discussion le cas échéant.

Ces divisions affichées par les Etats membres avant même l'ouverture des négociations laissent entrevoir plusieurs années de débats difficiles dans une Europe très réticente à l'entrée de la Turquie dans l'UE. A chaque étape de pourparlers d'adhésion, qui pourraient durer dix ou quinze ans, chacun des Etats membres pourra en outre bloquer le processus en mettant son veto à l'ouverture ou à la clôture de chacun des 35 chapitres prévus.

     

 

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