Personne n'a demandé le report des pourparlers avec Ankara L'Express - 30/08/2005 Aucun membre de l'Union européenne n'a proposé de différer l'ouverture des pourparlers d'adhésion prévus avec la Turquie, fait savoir le président de la Commission européenne Manuel José Barroso. "Jusqu'ici, aucun pays ne m'a indiqué qu'il souhaitait reporter le début des pourparlers (3 octobre)", a déclaré Barroso au quotidien polonais Gazeta Wyborcza. "La Commission européenne a préparé un programme de négociations avec la Turquie. Il appartient aux pays de l'UE de décider (de le soutenir ou non)", a dit Barroso, qui doit rencontrer des dirigeants est-européens mardi à Varsovie et à Budapest.
A la suite du président Jacques Chirac, le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a accentué mardi la pression sur Ankara en demandant aux autorités turques de clarifier leur position sur Chypre.
"Il n'est guère envisageable qu'un pays qui demande à entrer dans une communauté refuse de reconnaître l'un de ses membres", a dit le chef de la diplomatie française devant la conférence des ambassadeurs de France.
Vendredi, Jacques Chirac avait déclaré que le refus d'Ankara de reconnaître Chypre posait "des problèmes politiques et juridiques" et ne s'inscrivait pas dans l'esprit de l'UE.
Lundi à Bruxelles, Françoise Le Bail, porte-parole de la Commission, a déclaré qu'un geste de la Turquie tendant à la reconnaissance de Chypre serait une mesure utile mais pas nécessaire sur le plan juridique pour que les pourparlers d'adhésion d'Ankara débutent comme prévu le 3 octobre.
La dirigeant conservatrice allemande Angela Merkel, à qui les sondages prédisent la victoire aux législatives anticipées du mois prochain, a écrit aux dirigeants de l'UE pour qu'ils se prononcent sur sa proposition visant à offrir à la Turquie un statut particulier en cas d'échec des pourparlers.
La Turquie a écarté le dernier obstacle à l'ouverture de ses pourparlers d'adhésion en signant la semaine dernière le "protocole d'Ankara", qui étend son union douanière aux dix nouveaux membres de l'Union, Chypre compris.
Mais elle a souligné dans une déclaration que cela n'avait pas valeur de reconnaissance officielle du gouvernement chypriote (grec) de Nicosie - le seul que Bruxelles tienne pour l'autorité légitime de l'île. |