L'opposition allemande soutient Matignon sur la Turquie L'Express - 03/08/2005 L'opposition conservatrice en Allemagne, favorite des élections législatives du mois prochain, apporte son soutien au Premier ministre français Dominique de Villepin, qui juge "inconcevable" l'ouverture de négociations sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne sans reconnaissance préalable de Chypre par Ankara.
"Villepin a raison. Il est clair qu'il est difficile d'imaginer que des négociations débutent avec un pays qui n'aurait pas préalablement reconnu tous les pays membres de l'UE", a déclaré Friedbert Pflüger, porte-parole de la CDU.
Paris presse Ankara de reconnaître Chypre avant l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne, le 3 octobre, au grand dam du gouvernement turc qui dénonce des manoeuvres contraires aux engagements pris par l'UE en décembre dernier.
"La position d'Ankara n'a pas de sens et va à l'encontre de l'esprit des critères retenus pour l'ouverture des discussions le 3 octobre", a ajouté le porte-parole.
Ce dernier a par ailleurs sommé le chancelier Gerhard Schröder de prendre position sur ce sujet. "Le gouvernement allemand doit désormais dire clairement comment il compte traiter ce dossier".
Ankara, qui ne reconnaît que la partie turque de l'île méditerranéenne, a signé vendredi le protocole élargissant son union douanière aux dix nouveaux Etats membres de l'UE, dont Chypre, mais a immédiatement souligné dans une déclaration que cela n'avait pas valeur à ses yeux de reconnaissance officielle du gouvernement de Nicosie.
La France a estimé mardi qu'une telle décision pouvait entraîner un report de l'ouverture des négociations. "Il ne me paraît pas concevable qu'un processus quelconque de négociation puisse s'ouvrir avec un pays qui ne reconnaîtrait pas chacun des membres de l'Union européenne", a déclaré le Premier ministre français.
Selon un responsable turc, les propos de Villepin violent les engagements pris par l'UE à l'égard de la Turquie et ne sont pas en mesure de bloquer ni de retarder l'ouverture des négociations d'adhésion.
"La décision (prise au conseil européen) du 17 décembre 2004 est claire, (la reconnaissance de Chypre) n'était pas une condition préalable", a-t-il dit.
Prudent, le gouvernement allemand n'a pas souhaité réagir aux propos du Premier ministre français. "La position de l'Allemagne est bien connue. Elle est fondée sur les décisions du Conseil européen de décembre 2004", a simplement déclaré mardi une porte-parole du ministère des Affaires étrangères. |