hautdroite2.gif (179 octets)

Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

EUROPE - TURQUIE

--- Retour ---

Pour les Turcs, un pavé dans la mare de l'adhésion

Marc SEMO
Libération - 31/05/2005

 

L'Etat tente de rassurer l'opinion qui voit dans le vote français un signe de «turcophobie».

Tous en font leurs gros titres. Le quotidien Vatan parle de «séisme pour l'Europe». D'autres, dont Hürriyet, le plus important tirage de la presse turque, évoquent le «choc du non français». Le quotidien de centre gauche Cumhuriyet parle d'une «défaite de la Turquie». Les mêmes mots reviennent dans les journaux télévisés. Le rejet massif du traité constitutionnel par les Français suscite dans l'opinion turque une réelle inquiétude. Nombre d'experts y voient le signe du refus par les Français de tout nouvel élargissement de l'Union européenne, et l'expression d'une «turcophobie» croissante qui risque de rendre plus difficile la route d'Ankara vers l'Union, alors que les négociations d'adhésion doivent commencer le 3 octobre.

Critères. Les islamistes modérés au pouvoir tentent de minimiser la portée du vote du 29 mai, afin de rassurer l'opinion. «Ce référendum est d'abord un problème français. Le coup d'envoi des négociations dépend de nous. La seule chose qui empêcherait la Turquie d'entamer des négociations avec l'UE serait de faire des choses contraires aux critères de l'Union, ou de ne pas honorer les promesses faites», a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül. Pour bien montrer que tout doit continuer comme prévu, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a nommé, cinq jours avant le vote français, celui qui dirigera l'équipe des négociateurs avec l'UE, le ministre de l'Economie Ali Babacan. Un choix très politique, car cet économiste profondément religieux et formé aux Etats-Unis est très peu au fait des arcanes de l'UE.

«Ce non affaiblit et isole encore un peu plus le président Chirac qui est pratiquement le seul dirigeant français à soutenir le dossier turc», souligne Cengiz Aktar, spécialiste de l'UE. Les chrétiens-démocrates allemands, adversaires de la candidature d'Ankara, ont de surcroît de bonnes chances de remporter les élections qui devraient avoir lieu à l'automne en Allemagne. Et le probable non des Néerlandais, après celui des Français, ne peut que relancer le débat sur la place dans l'Union européenne d'un pays de 71 millions d'habitants et à 99 % musulman. «Rien ne sera plus comme avant. Les hommes politiques européens savent qu'ils ne pourront faire de nouveaux pas sans le soutien de leurs populations, ce qui bloquera tout nouvel élargissement, notamment celui vers la Turquie», estime l'économiste Osman Ulugay.

Amère ironie. Pourtant, à plus long terme, l'échec du traité constitutionnel et le retour à une Europe «a minima» réduite à un grand marché pourrait paradoxalement favoriser l'entrée de la Turquie dans l'Union. «Une Union plus intégrée et plus approfondie augmenterait les exigences vis-à-vis d'Ankara, donc nos difficultés à les satisfaire», dit Yalim Eralp, ambassadeur en retraite et très respecté commentateur de politique étrangère. Cet europhile de toujours ajoute avec une amère ironie : «Je suis sûr que nombre de mes anciens collègues se réjouissent en silence de ce résultat...»

     

 

[Présentation] [Press-Book] [Album] [Activités] [Actualités] [Nous Contacter] [Olusum/Genese]
[Dossier O/G] [Editions A TA TURQUIE] [Bibliographie] [Bibliothèque] [Poésies] [Hommage] [Galeries]
[Exposition] [Manifestations] [Annuaire] [Annonces] [Informations] [Liens] [Carnet Rose] [Quoi de Neuf]

Copyright 1999-2000 © Site créé par ATATURQUIE
Tel : 03 83 37 92 28 / Fax : 03 83 37 83 30 / poste@ataturquie.asso.fr
Webmaster :
Dominique SOUTREL
Site optimisé en 1024 x 768 pour Microsoft Internet Explorer 5

basdroite.gif (174 octets)