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EUROPE - TURQUIE

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Pour Chirac, le référendum européen
ne doit pas être une «élection politique»

A. F.
Le Figaro - 08/01/2005

 

Jacques Chirac a achevé sa traditionnelle semaine de voeux en recevant hier la presse à l'Elysée. Il a évoqué le prochain référendum sur la Constitution européenne, prévu avant l'été, en assurant qu'il ne s'agissait pas d'une «élection politique» et qu'il ne fallait donc pas «dénaturer» ce rendez-vous avec des enjeux de politique intérieure. Cette semaine de voeux aura vu Jacques Chirac, qui a rendu plusieurs fois hommage à Jean-Pierre Raffarin, s'impliquer très directement dans les affaires intérieures.

«Si la Turquie entre un jour dans l'Europe, c'est qu'elle aura assumé un programme de réformes considérable qui l'aura profondément transformée», a souligné le chef de l'Etat.

«Une question simple posée aux Françaises et aux Français sur l'avenir de l'Europe», et non pas «une élection politique». Jacques Chirac, qui – dernière étape d'une semaine dédiée à cet exercice – présentait ses voeux à la presse, a résumé ainsi la nature du référendum qui sera organisé avant l'été sur la Constitution européenne.

Pointant du doigt «la tentation, toujours présente, dans les consultations de ce type, de les dénaturer» ou de les «détourner à des fins politiciennes», le chef de l'Etat a appelé à «la responsabilité de chacun» pour «refuser d'y céder». Le président de la République, qui recevra la semaine prochaine les responsables des formations politiques représentées au Parlement, a également mis en garde ceux qui «essaient de jouer sur les peurs en demandant aux Françaises et aux Français de se prononcer sur la Constitution européenne en fonction de ce qu'ils pensent de la Turquie». «Les deux questions n'ont strictement rien à voir», a-t-il tranché.

«Si la Turquie entre un jour dans l'Europe, c'est qu'elle aura assumé un programme de réformes considérable, qui l'aura profondément transformée», a-t-il souligné en précisant que c'est «alors, et alors seulement», c'est-à-dire dans 10 ou 15 ans, que les Français pourront se décider. Et les Français se décideront alors «en fonction de ce que sera devenue réellement la Turquie à cette date et non pas en fonction de ce qu'est la Turquie aujourd'hui, alors que la question de son adhésion ne se pose pas encore concrètement».

Jacques Chirac a également indiqué qu'il ferait campagne en parlant de l'enjeu «national et européen» de la Constitution européenne, «à l'exclusion de toute autre considération». «Chacun aura à se prononcer en fonction de l'intérêt de la France et de sa vision de l'Europe, car c'est de cela qu'il s'agit, c'est-à-dire en fait de l'essentiel, et de rien d'autre».

Par ailleurs, le chef de l'Etat s'est félicité que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ait pris «les décisions nécessaires pour faire repartir la croissance». Selon lui, la France «est en mesure de respecter ses engagements européens» en matière de déficits publics. «Nous avons bien fait de résister à la pression de ceux qui recommandaient une politique budgétaire exagérément restrictive quand nous étions un peu au creux de la vague en raison de l'insuffisance de croissance», a-t-il ajouté.

     

 

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