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EUROPE - TURQUIE

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Jacques Chirac et Gerhard Schröder soutiennent à l'unisson
l'adhésion de la Turquie à l'UE

Le Monde - 02/12/2004

 

L'Allemagne et la France "partagent le même objectif qui est de faire entrer la Turquie dans l'UE, car c'est l'intérêt de tous et de chacun d'avoir une Europe forte, solide et assurée de ses frontières", a déclaré Jacques Chirac.

La France et l'Allemagne, rassurées par le "oui" des socialistes français à la Constitution européenne, se sont efforcées, jeudi 2 décembre, de dissiper toute impression de positions divergentes concernant le dossier de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Alors que l'Allemagne était jusque-là apparue extrêmement ferme sur l'objectif de l'adhésion d'Ankara tandis que la France avait plaidé pour la recherche d'une troisième voie en cas d'échec des négociations, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont affirmé, lors d'un sommet informel à Lübeck, leur volonté d'œuvrer à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

"La France et l'Allemagne veulent arrêter une position commune sur ce point pour le Conseil européen" du 17 décembre, a déclaré le chancelier Gerhard Schröder lors d'une conférence de presse commune avec le président Jacques Chirac à l'issue d'un sommet informel à Lübeck, dans le nord de l'Allemagne. "Nous sommes tout à fait d'accord avec les propositions faites en la matière par la Commission européenne. (...) C'est une bonne base de travail", a-t-il rappelé. "Ce que nous voulons, c'est l'adhésion de la Turquie", a-t-il insisté.

Gerhard Schröder a reconnu que les négociations avec Ankara pourraient durer longtemps et que le résultat était "ouvert". "On ne peut pas préjuger de l'issue", mais "l'objectif c'est l'adhésion et rien d'autre", a-t-il dit. "Cela dit, si les négociations ne devaient pas aboutir, il faut que nous ayons une solution et la commission a fait des propositions qui vont dans le bon sens."

Jacques Chirac, qui s'est dit "tout à fait en phase" avec la position du chancelier Schröder, a souligné de son côté que "la France et l'Allemagne partagent le même objectif, qui est de faire entrer la Turquie dans l'UE, car c'est l'intérêt de tous et de chacun d'avoir une Europe forte, solide et assurée de ses frontières". "Si l'ensemble des conditions requises ne sont pas remplies, la négociation s'interrompra", a-t-il ajouté, et il faudra "rechercher le moyen d'éviter que cette rupture conduise à une espèce de séparation entre la Turquie et l'Europe". Jacques Chirac a rappelé que la Turquie devait, pour entrer dans l'Union, respecter les critères de Copenhague en matière de droits humains et d'économie de marché. Il a lui aussi souligné que la négociation serait "longue et difficile", et répété qu'"en toute hypothèse" la décision serait soumise aux Français par référendum "le moment venu".

LE VOTE SOCIALISTE, UNE "BONNE NOUVELLE" POUR L'EUROPE

Au lendemain du "oui" des socialistes français au projet de Constitution européenne, Jacques Chirac s'est félicité d'une "bonne nouvelle pour l'Europe". "Je n'ai pas à porter de jugement sur un débat interne au Parti socialiste français. Je considère que c'est une bonne nouvelle pour l'Europe", a-t-il déclaré. "Il appartient donc à tous les Françaises et Français de se prononcer l'année prochaine car c'est une question absolument majeure pour notre avenir commun", a ajouté Jacques Chirac. "Je me suis réjoui de la décision prise par le Parti socialiste, et je pense que cela montre une maturité du débat politique sur l'Europe", a renchéri le social-démocrate Gerhard Schröder.

Au sujet du pacte de stabilité économique et monétaire, Gerhard Schröder a déclaré que Paris et Berlin étaient persuadés que le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, dont le pays assure à partir de janvier la présidence tournante de l'Union, saurait faire des propositions qui permettent aux Etats "plus de flexibilité" dans la mise en œuvre du pacte et une meilleure prise en compte des "efforts qu'ils consentent" dans l'interprétation des critères des déficits.

Le sommet franco-allemand se tenait dans le cadre des rencontres dites de Blaesheim, qui réunissent de façon informelle environ toutes les six semaines le président français et le chancelier allemand. Selon une source française, Jacques Chirac et Gerhard Schröder, accompagné par leurs ministres des affaires étrangères Michel Barnier et Joschka Fischer, ont aussi évoqué lors de leurs entretiens les perspectives d'élargissement de l'Union à la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie. Dans la délégation française, on fait état d'une "grande identité de vues" sur tous ces sujets.

Le nouveau ministre de l'économie français, Hervé Gaymard, devait pour sa part rencontrer son homologue allemand, Hans Eichel, jeudi après-midi à Berlin, pour une "première prise de contact" trois jours après sa nomination, lundi, selon son entourage.

     

 

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