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EUROPE - TURQUIE

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M. Chirac recherche un accord avec M. Schröder sur la Turquie

Georges Marion
Le Monde - 27/10/2004

 

Profitant de son séjour à Berlin, où il signera un contrat d'achat de 36 avions Airbus pour un montant de 2,8 milliards de dollars, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan devait rencontrer, mardi 26 octobre, le chancelier Schröder et le président Chirac. Cette rencontre permettra d'aborder, une fois encore, la question controversée de l'adhésion turque à l'Union européenne. Cette question était aussi au menu des discussions entre M. Chirac et M. Schröder.

Alors que le gouvernement allemand défend activement l'entrée de la Turquie au sein de l'Europe, Berlin est devenu un point de passage quasi obligé pour les dirigeants turcs. Il y a une semaine, le ministre des affaires étrangères d'Ankara, Abdullah Gül, y avait énergiquement défendu la candidature de son pays, regrettant les "incompréhensions de l'opinion publique allemande". Rappelant que la Turquie avait rempli toutes les conditions pour une ouverture rapide des négociations d'adhésion, M. Gül avait vivement rejeté tout projet de "partenariat privilégié" vécu comme un ersatz inacceptable.

L'insistance d'Ankara ne fait pas toujours l'affaire de Paris et de Berlin, où l'on préférerait plus de discrétion. Car en dépit des attitudes de sympathie de leurs gouvernements, les opinions publiques allemandes et françaises sont hostiles à l'adhésion turque. Du côté français, l'on craint même que cette hostilité n'éclabousse les résultats du prochain référendum sur la Constitution européenne, voire n'en change les résultats. Toute la difficulté pour M. Chirac - aucune consultation populaire à propos de la Constitution ou de l'adhésion turque n'est prévue en Allemagne où la procédure référendaire n'existe pas - consiste à éviter que l'hostilité supposée à l'égard de l'adhésion turque ne se transforme en rejet de la Constitution.

Plusieurs formules ont été évoquées pour dissocier les deux enjeux, y compris celle de repousser encore l'ouverture formelle des négociations avec la Turquie. Devant le refus ferme, tant de la Turquie que de plusieurs partenaires européens, cette solution semble avoir été abandonnée.

Les discussions d'aujourd'hui tourneraient plutôt autour de la formulation du mandat qui, le 17 décembre, lors d'un conseil européen, définira le cadre des négociations entre l'Union européenne et la Turquie. Les Français pourraient notamment proposer que ne commence, en décembre 2004, qu'une sorte de pré-négociation qui aboutirait à une revue de détails un an plus tard. Ce n'est qu'à ce moment-là, une fois passé le référendum sur la Constitution européenne, que serait prise la décision finale d'ouvrir ou non les négociations avec la Turquie.

     

 

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