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EUROPE - TURQUIE

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L'UDF ne relâche pas la pression sur Raffarin

Blois : de notre envoyée spéciale Sophie Huet
Le Figaro - 11/10/2004

 

Réunis ce week-end pour leurs journées parlementaires à Blois, les élus UDF ont fait le forcing pour obtenir un débat avec vote au Parlement sur le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne avant le 17 décembre.

Favorables à la Constitution européenne, mais hostiles à l'entrée de la Turquie dans l'UE, qui transformerait selon eux l'UE en «Europe forum» (Jean-Louis Bourlanges), ou en une «ONU régionale» (Bernard Lehideux), les dirigeants UDF ont profité de ces rencontres pour hausser le ton. «J'avais dit que la décision de ne pas organiser un débat ne tiendrait pas. Elle était absurde. Mais un débat sans vote n'aurait pas de sens», a affirmé François Bayrou, ce serait «une offense à l'égard du Parlement».

«Nous ne demandons pas un privilège, mais l'exercice de notre droit, car personne ne peut nier que c'est une décision historique pour l'avenir de l'Europe pour les cinquante ans qui viennent», a insisté le président de l'UDF, qui a contesté que la politique étrangère soit le «domaine réservé» du chef de l'Etat. «La vérité, c'est que l'on veut biaiser, torpiller le débat», a pour sa part dénoncé le président du groupe à l'Assemblée, Hervé Morin, tandis que la présidente de la délégation UDF à Bruxelles, Marielle de Sarnez, expliquait qu'il «ne s'agit pas de politique étrangère mais de notre destin».

Pour que «les forces s'accumulent et fassent sauter le barrage», dixit Bayrou, les deux présidents des groupes centristes de l'Assemblée et du Sénat vont adresser une lettre à tous les parlementaires UMP et socialistes, proches de Laurent Fabius, pour leur proposer de soutenir leur démarche «transpartis».

François Bayrou et Hervé Morin ont même lancé un défi au chef du gouvernement. «Si le gouvernement n'avait pas peur, il engagerait sa responsabilité au titre de l'article 49-1 de la Constitution. Chiche !», a lancé le député de l'Eure. «Mais le gouvernement n'en veut pas car il n'est pas sûr de lui, pas sûr de son parti», a renchéri le président de l'UDF. Cette procédure est bien sûr inenvisageable, car si le non à la Turquie l'emportait à l'Assemblée, cela aboutirait à la chute du gouvernement (voir nos éditions du 8 octobre).

François Bayrou a tenu à souligner qu'un vote sur la Turquie «ne lie pas les mains du président de la République». Cependant, il est patent qu'un vote négatif au Parlement sur un sujet majeur de politique européenne – du jamais vu sous la Ve République – affaiblirait Jacques Chirac avant le sommet européen du 17 décembre.

«De toute façon, il y aura un vote», affirmait samedi François Bayrou. Ce dernier envisage, en «solution de repli», le dépôt d'un amendement «symbolique» pour «amputer» légèrement les crédits européens. Il s'agirait, lors de cette discussion, de mettre à nouveau les pieds dans le plat et d'évoquer le cas turc.

     

 

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