Chirac : «Les Français auront leur mot à dire» sur l'entrée de la Turquie dans l'UE Libération - 01/10/2004 Le chef de l'Etat s'est prononcé pour un référendum sur l'entrée éventuelle de la Turquie dans l'Union européenne d'ici «dix à quinze ans». «Il y a sans aucun doute intérêt pour tout le monde (...) à avoir la Turquie avec nous» mais Les «Français auront leur mot à dire». Voici la position adoptée vendredi par Jacques Chirac sur l'entrée éventuelle de la Turquie dans l'Union européenne. Lors d'une conférence de presse commune avec le chancelier allemand Gerhard Schröder, le chef de l'Etat s'est prononcé pour un référendum sur la question et a demandé au «gouvernement d'examiner l'insertion dans la révision constitutionnelle, nécessaire pour adopter le traité constitutionnel européen, d'une disposition permettant de garantir qu'à partir d'une certaine date, avant la question de l'entrée éventuelle de la Turquie, les Français seront interrogés, non pas par le biais de la procédure parlementaire, mais obligatoirement, pour cet élargissement et d'autres éventuels élargissements, par le biais du référendum». Précisions du chef de l'Etat: «dans son esprit», ce référendum ne concernerait pas la Roumanie, la Bulgarie et la Croatie, dont les négociations d'adhésion «sont pratiquement achevées». Quand au débat actuel sur la Constitution européenne, ça «n'a strictement rien à voir avec le débat sur la Turquie», a-t-il assuré en évoquant le référendum prévu en France en 2005 sur ce traité. «S'agissant de la Turquie, c'est un problème à beaucoup plus long terme (...). Ça demandera dix ou quinze ans», a estimé le locataire de l'Elysée. Il a d'ailleurs rappelé que «l'éventuelle entrée de la Turquie dans l'Union européenne suppose deux choses». Il faut «d'abord que la Turquie remplisse l'ensemble des conditions» prévues par l'UE puis, «si tel est le cas», viendra le temps de «la décision juridique, politique, à prendre sur la base d'un traité qui sera un traité d'adhésion». Jacques Chirac a néanmoins fait état d'«un effort considérable (de la Turquie) ces derniers temps pour aligner sa législation, ses méthodes, ses usages» sur ceux de l'UE. Mais, a-t-il ajouté, «il est évident que les usages doivent encore progresser pour respecter les critères de la démocratie et de l'économie de marché» définis par l'UE à Copenhague. Sur le fond, pourtant, Chirac et Schröder sont favorables un rapprochement avec Ankara «notamment dans la perspective de l'enracinement de la démocratie et de la paix sur l'ensemble du territoire européen au sens large du terme». «Si nous arrivons à établir un lien entre les valeurs européennes et l'islam non intégriste, nous arriverons certainement à quelque chose», a renchéri Gerhard Schröder qui a affiché une position en tout point identique à celle de Jacques Chirac. |