M. Sarkozy favorable à un référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'UE Le Monde - 27/09/2004 Son parti, l'UMP, s'était prononcé en avril contre l'adhésion de ce pays dans l'Union. Invité du Grand Jury RTL-Le-Monde-LCI , le ministre de l'économie et des finances et très probable futur président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a estimé dimanche 26 septembre que l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne nécessiterait un référendum "pour connaître l'opinion des Français". "L'adhésion de la Turquie, dans le meilleur des cas, ce n'est pas avant quinze ans, si cela se passe bien !", a souligné M. Sarkozy en préalable. Mais "une décision aussi importante ne pourrait être prise qu'après qu'il y ait un référendum en France pour connaître l'opinion des Français", a-t-il ajouté, en rappelant ses "réserves" sur l'adhésion de ce pays. "Pour ma part, je suis réservé sur l'adhésion de la Turquie non parce que c'est un pays musulman, on ne doit pas tenir compte de cela, mais parce que la Turquie à elle toute seule représente l'équivalent de l'adhésion des dix nouveaux pays d'Europe de l'Est. Ce n'est pas rien." D'autant que "la Turquie, c'est 71 millions d'habitants, à l'horizon 2050, ce sera 100 millions d'habitants. Compte tenu de ce que sont les nouvelles règles de vote dans la Constitution, ce serait le pays qui aurait le plus de votes". "STATUT DE PARTENAIRE ASSOCIÉ À L'EUROPE" Et de poursuivre : "Nous sommes tous d'accord, et je suis d'accord avec le président de la République, sur le fait qu'il ne faut en aucun cas donner le sentiment à la Turquie qu'on la rejette". Le président Jacques Chirac avait exprimé à de multiples reprises son soutien à la candidature turque à l'Union européenne, en soulignant que "l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne était souhaitable dès qu'elle serait possible". "Il y a deux façons de l'associer, soit un statut de partenaire associé à l'Europe, qui est plutôt ce que je pense, soit l'intégrer, c'est plutôt ce que je ne souhaite pas", a estimé M. Sarkozy. "Il ne s'agit pas de rejeter les Turcs mais au contraire de les associer comme partenaires sur le plan militaire, sur le plan politique et sur le plan économique. Ce n'est pas tout ou rien", a-t-il insisté. Jeudi, dans un entretien au Wall Street Journal Europe, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, avait de son côté émis de très fortes réserves sur une future adhésion de la Turquie en avançant, lui, des arguments religieux et de démocratie. "Voulons-nous que le fleuve de l'islam rejoigne le lit de la laïcité ?", s'était-il interrogé. Selon le ministre, la mise en place d'un référendum permettrait d'éviter "cet amalgame entre d'un côté la ratification d'une Constitution, qui est la meilleure des choses et le problème de l'adhésion de la Turquie". En revanche, un tel procédé ne serait pas nécessaire pour la Roumanie, "pays ô combien francophone", et pour la Bulgarie qui doivent entrer dans l'UE en 2007. "Ce sont nos frères européens de l'Est, c'est tout à fait logique." Pour conclure, le futur président de l'UMP a souligné qu'il aurait "pu signer pour une grande part, sauf sur les critiques sur la droite, le texte de Lionel Jospin" appelant à voter "oui" à la Constitution européenne. "Grâce à la Constitution, on va pouvoir avoir un président en exercice du conseil alors que c'est la tournante aujourd'hui, on va pouvoir avoir un ministre des affaires étrangères", a-t-il rappelé. |