Le
géant européen Arcelor entre dans le capital
du n° 1 de la sidérurgie en Turquie
Le Monde - 29/12/2005
Le géant européen Arcelor est parvenu, jeudi 29
décembre, à prendre 20,5 % du capital d'Erdemir après l'échec de sa tentative en
octobre.
Recalé en octobre lors de la privatisation du premier
sidérurgiste turc, Erdemir, le géant européen Arcelor est finalement parvenu jeudi 29
décembre à acquérir 20,5 % de son capital. Dans une lettre adressée à la Bourse
d'Istanbul, la direction turque des privatisations déclare avoir donné son aval pour le
transfert à Arcelor de 41 % des parts de la holding Ataer, créée par le consortium
industriel turc OYAK. Ce dernier avait remporté en octobre la bataille de la
privatisation d'Erdemir,en s'imposant avec une offre à 2,77 milliards de dollars (2,32
milliards d'euros) sur les six candidats en lice, dont Mittal Steel, le numéro un mondial
de l'acier.
Arcelor, qui a confirmé ces informations dans un
communiqué distinct, détient désormais 20,5 % des parts d'Erdemir, ce qui représente
1,23 milliard de dollars, au prix payé par la holding le 4 octobre. La direction turque
des privatisations a précisé qu'Arcelor fournira de l'acier à une joint-venture
constituée par OYAK et le constructeur automobile français Renault.
LA REVANCHE D'ARCELOR
Le 4 octobre, le géant européen avait été contraint
de jeter l'éponge dans le rachat d'Erdemir, jugeant le prix trop élevé. Son PDG, Guy
Dollé, avait déclaré qu'il n'était pas prêt à débourser "une somme folle"
pour le sidérurgiste turc. Il avait toutefois également affirmé qu'il continuerait à
"analyser activement les opportunités de croissance créatrices de valeurs dans le
monde, y compris en Turquie". En 2004, Erdemir a produit 3,6 millions de tonnes
d'acier et réalisé un bénéfice de 470 millions de dollars (393,7 millions d'euros).
Cette prise de participation est une bonne nouvelle pour
Arcelor, qui a également été éconduit le 24 octobre dans sa tentative d'acquisition de
la première aciérie ukrainienne Krivorijstal au profit de Mittal Steel, qui avait mis
sur la table 4,8 milliards de dollars.
En outre, Arcelor semble embourbé dans le dossier
Dofasco. Fin novembre, il a en effet lancé une OPA hostile à 56 dollars canadiens par
action (3,2 milliards d'euros au total) sur son concurrent canadien, mais cette offensive
a été contrée une semaine plus tard par une offre amicale du conglomérat allemand
ThyssenKrupp à 61,5 dollars canadiens (3,5 milliards d'euros). Bien décidé à ne pas
lâcher prise – l'expansion en Amérique du Nord étant pour lui un objectif
stratégique –, Arcelor était reparti à l'assaut la semaine dernière en relevant son
offre d'achat à 3,65 milliards d'euros. Mais déjà le Financial Times Deutschland, sur
la foi de sources proches de la société, a annoncé dans ses colonnes que ThyssenKrupp
s'apprête à faire une nouvelle offre, qui pourrait aller jusqu'à 65 dollars canadiens
par action.
Arcelor est le numéro 2 mondial du secteur, avec 47
millions de tonnes d'acier produites en 2004 et un bénéfice net de 657 millions d'euros
au troisième trimestre 2005. |