hautdroite2.gif (179 octets)

Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

ECONOMIE TURQUE

--- Retour ---

La Russie butte sur l'acheminement de son pétrole

Marie Jégo
Le Monde - 07/09/2004

 

Le gouvernement, dont le budget dépend à 25 % de cet hydrocarbure, cherche à accroître ses exportations du brut

Donnée pour moribonde il y a dix ans, la production de pétrole russe est aujourd'hui en plein essor. En juillet, la Russie a disputé à l'Arabie saoudite sa place de premier producteur mondial avec 9,33 millions de barils/jour (contre 7,2 millions de b/j en 2002). Mais, à l'heure où le prix du brut atteint un niveau inégalé, les exportations stagnent (3,5 millions de b/j). Transneft, la compagnie d'Etat qui a le monopole du transport, était en juillet au maximum de ses capacités avec 4 millions de b/j exportés. Les réserves pétrolières russes ont beau être prometteuses, elles sont éloignées et le réseau local des oléoducs s'avère insuffisant. Trouver de nouvelles routes pour l'acheminement du brut est l'une des préoccupations majeures du secteur pétrolier russe et du gouvernement, dont le budget dépend à 25 % de la manne de l'or noir.

Pour l'heure, le brut emprunte trois voies principales : vers l'Europe de l'Est (Ukraine, Hongrie, Slovaquie) ; par la mer Baltique, où le trafic s'est accru depuis la construction en 2001 du terminal pétrolier de Primorsk, à l'est du golfe de Finlande ; enfin par la mer Noire, notamment par le port de Novorossiisk, qui reçoit aussi le brut extrait en Azerbaïdjan et au Kazakhstan, acheminé ensuite par tankers vers les marchés européens via le détroit du Bosphore et les Dardanelles. Ces deux dernières années, les exportations russes par cette voie ont crû et représentent désormais 30 % du total, ce qui n'est pas vu d'un bon oeil par la Turquie, inquiète des risques pour l'environnement. Car la " gorge d'Istanbul " (Istanbul Bogazi), longue de 30 kilomètres et étroite de 3 kilomètres à 600 mètres à peine, est un passage naturel extrêmement périlleux. En 2004, le Bosphore va voir passer 52 000 navires, dont 9 500 chargés de produits pétroliers, tandis que 2,5 millions de Stambouliotes le traversent chaque jour pour se rendre d'une rive à l'autre.

Ces derniers mois, les conditions de passage des tankers se sont durcies. Le trafic n'est désormais plus possible durant la nuit et les délais d'attente sont de 10 heures au minimum. Une crise a éclaté au printemps, au moment où l'OTAN tenait son sommet à Istanbul, les 27 et 29 juin. Evoquant des raisons de sécurité, les autorités turques ont fermé le Bosphore aux tankers et aux méthaniers ces jours-là. Les autorités russes, Transneft en tête, ont eu beau protester, arguant d'une violation du traité de Montreux qui confère au détroit un statut international, Ankara a tenu bon. D'après Transneft, les restrictions au passage du Bosphore ont fait perdre 600 millions de dollars aux majors russes cette année.

Pourtant, le casse-tête de l'acheminement du brut par les détroits ne fait que commencer. Dans les mois à venir, les volumes exportés via la mer Noire sont appelés à augmenter, d'une part parce que la production kazakhe est en expansion, d'autre part parce que la major anglo-russe TNK-BP s'apprête à faire couler 9 millions de tonnes de brut supplémentaires par an jusqu'au port ukrainien d'Odessa. Après de longues discussions, TNK-BP vient finalement d'obtenir l'accord du gouvernement ukrainien pour que l'oléoduc Odessa-Brody (du sud à l'ouest de l'Ukraine) - construit à l'origine pour acheminer le pétrole de la Caspienne (Kazakhstan-Azerbaïdjan) vers les marchés européens - voie son sens inversé. Désormais, c'est du brut russe qui emprunte cet oléoduc jusqu'à Odessa.

Pour éviter le passage à travers le Bosphore, plusieurs projets d'oléoducs ont vu le jour. La société pétrolière russe Lukoil soutient un tracé allant de Burgas jusqu'au port grec d'Alexandropolis (sur la mer Egée). De son côté, Transneft caresse le projet d'un oléoduc allant de Samsun, sur la mer Noire, jusqu'au terminal de Ceyhan, en Méditerranée. Un autre projet est également soutenu par Transneft, celui d'un oléoduc qui traverserait la Thrace orientale depuis le village de Kiyiköy jusqu'à Ibrikbaba, sur la mer Egée.

Mais si ce projet a le soutien de Transneft, du ministère russe de l'énergie et de TNK-BP, si deux sociétés turques - Anadolu et Thrace Development Company - sont en concurrence pour le réaliser, pour un coût estimé entre 500 et 800 millions de dollars, il n'a pas la faveur d'Ankara. La Turquie ne souhaite pas voir le trafic pétrolier augmenter en mer Egée, foyer traditionnel du tourisme, sa principale source de devises. Par ailleurs, ce tracé côtoie la faille sismique qui traverse le pays d'est en ouest. Enfin, le prix des terres dans cette région de Turquie est plus élevé qu'ailleurs. Pour ces raisons, les autorités turques et Botas (la société d'Etat du pétrole et du gaz) privilégient l'oléoduc Samsun-Ceyhan, de la mer Noire à la Méditerranée. Dès 2005, c'est également à Ceyhan que le pétrole kazakh et azerbaïdjanais, acheminé via l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, c'est-à-dire hors du réseau russe de Transneft - c'est une première ! -, devrait commencer à arriver.

   

 

[Présentation] [Press-Book] [Album] [Activités] [Actualités] [Nous Contacter] [Olusum/Genese]
[Dossier O/G] [Editions A TA TURQUIE] [Bibliographie] [Bibliothèque] [Poésies] [Hommage] [Galeries]
[Exposition] [Manifestations] [Annuaire] [Annonces] [Informations] [Liens] [Carnet Rose] [Quoi de Neuf]

Copyright 1999-2000 © Site créé par ATATURQUIE
Tel : 03 83 37 92 28 / Fax : 03 83 37 83 30 / poste@ataturquie.asso.fr
Webmaster :
Dominique SOUTREL
Site optimisé en 1024 x 768 pour Microsoft Internet Explorer 5

basdroite.gif (174 octets)