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Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

QUESTION ARMENIENNE

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Déclaration des ambassadeurs turcs

25/03/2005

DECLARATION DU « GROUPE DES AMBASSADEURS RETRAITES D’ANKARA ET ISTANBUL » SUR LES REVENDICATIONS ARMENIENNES DE « GENOCIDE »

Selon la convention des Nations Unies, relative à la Prévention et aux Punitions du Crime de Génocide, du 09 décembre 1948, un génocide est un crime relevant de la juridiction internationale. Ce crime ne peut être commis que pas des personnes réelles. Seul un tribunal compétent peut déterminer si le crime a été commis ou non. Le tribunal en charge de cela est soit le tribunal de l’Etat dans lequel le crime est commis, soit un tribunal pénal international qui aurait cette compétence vis-à-vis des parties concernées, lesquelles parties ayant reconnu cette compétence. Le tribunal doit reconnaître le droit du défenseur à se défendre lui-même, ou elle-même, examiner si le crime a été commis ou non, et décider en conséquence, comme il convient. En l’absence d’une telle décision du tribunal compétent, le crime de génocide ne peut pas être établi « de jure » et la plainte pour génocide ne peut pas être déposée ou plaidée sur des bases légales.

Aucun parlement national, sénat national, conseil municipal ou local, individu ou association, aucun des organes d’une organisation internationale ou régionale ou une cours non officiellement désignée, peut avoir le pouvoir de décider, à la place d’un tribunal compétent, sur la demande de reconnaissance d’un génocide ou si le crime a été commis ou non.

La Convention des Nations Unies relative aux Génocides, mentionnée ci-dessus, est partie pleine et entière du système juridique turc. Aucune partie ou personne doit s’attendre à ce que le Gouvernement turc, en contradiction avec la convention internationale et en l’absence de la décision d’un tribunal compétent, accuse de génocide certaines personnes dont la plus part d’entre elles ne seraient plus vivantes.

Aujourd’hui, non seulement le gouvernement turc, mais aussi le gouvernement de Grande Bretagne, ont déclarées publiquement, par leurs porte-parole, que les évènements de 1915 ne peuvent pas être qualifiés de génocide. Ceux qui réalisent que leur demande de reconnaissance du génocide est dépourvue de bases légales essaient maintenant de fonder leur demande sur des arguments politiques, faisant référence à un « génocide politique ». Les vues politiques des partis et des politiciens, leurs motivations politiques, ne se tournent que vers eux. Mais il est totalement inacceptable de permettre de tels préjudices politiques pour donner du sens à ce crime.

Le but d’un tel comportement est évident. Les leaders de la République d’Arménie, en complément à l’occupation de territoires en Azerbaïdjan, désignent ouvertement l’Anatolie de l’est comme « Arménie de l’ouest » et ne font pas secret de leur objectif qu’«un jour, lorsque les conditions seront plus favorables, ces terres deviendront une partie de leur rêve d’une plus grande Arménie ». Beaucoup a été écrit sur les évènements tragiques de 1915, avant et après la décision de déplacer les Arméniens de l’Empire Ottoman dans le sud-est du pays. Les documents historiques montrent que les militants arméniens, conduits par les arméniens membres du Parlement ottoman, se précipitèrent vers la province de Van, massacrèrent la population locale musulmane, provocant une vaste rébellion dans l’Est de l’empire ottoman. Lors des négociations pour la paix, à Sèvres, en 1920, les représentants arméniens réclamèrent qu’il leur soit officiellement accordé un « statut de parie belligérante » pendant la guerre.

Alors que ces réalités existent, ceux qui supportent les demandes arméniennes ne peuvent pas être autorisés à lire et interpréter certaines pages de l’histoire, partialement et selon leurs désirs, et les plaintes ne peuvent pas être émises ni contre des turcs ni contre le gouvernement turc, au détriment d’autres pages de l’histoire. La meilleure preuve de cela est le fait que les alliés de la Première guerre mondiale, qui occupèrent la capitale de l’empire ottoman vaincu, exilèrent sur l’île de Malte un groupe d’Ottomans supposés être des agresseurs d’Arméniens. Malgré toutes les sources qu’ils détenaient, il ne purent trouver aucun indice pour les condamner et les déclarèrent innocents de tout méfait.

Néanmoins, l’Etat ottoman punit quelques fonctionnaires de l’administration ottomane comme auteurs de crimes contre des arméniens et les jugèrent coupables d’applications incorrectes des directives lors de des déplacements des populations. Il y a des milliers de documents historiques pleins de contradictions au sujet de ces évènements tragiques, comptes-rendus de témoins oculaires, analyses et interprétations.

L’analyse de cette affaire de façon objective est malheureusement bloquée ou empêchée par les politiciens et historiens arméniens et leurs supporters. Ils ne sont même pas prêts à discuter des documents historiques existants. Ce qu’ils demandent, c’est la reconnaissance incontestée de leurs propres revendications et théories par les autres. Il n’est pas réaliste d’attendre, des proches survivants des victimes de la tragédie de 1915 ou de ce qui s’est passé au début du 20ème siècle, qu’ils acceptent qu’il ne s’est rien passé. Ces évènements ne peuvent être défendus en aucune façon. Cependant il serait impie d’en oublier certains et de se lamenter sur d’autres. Nous croyons que les profondes blessures créées par ces tristes évènements ne doivent pas être rouvertes et aggravées par des actes de terreurs et attisées par un sentiment de vengeance.

Ce qui doit être fait maintenant est de tirer leçon de ces tristes évènements de l’Histoire et ne pas provoquer, à nouveau, des sentiments de haine qui empêchent la paix entre turcs et arméniens, mais il faut avancer, renforcer l’amitié entre les nations arménienne et turque, qui partagent tant de similitudes culturelles. Il ne fait aucun doute que les arméniens turcs peuvent avoir une partie à jouer dans la construction et le renforcement de ce pont d’amitié. Dans cette période où de grands efforts sont en train de se faire pour garder vivants les liens culturels entre turcs et arméniens, certains parlementaires ou autres personnalités, à l’étranger, extérieurs au problème, encombrés de partis pris politiques ou agissant selon leurs instincts racistes, sans aucune analyse en profondeur ou fondement juridique du crime de génocide, pour se prétendre du côté de la plainte contre le crime de génocide, n’ouvrent en aucun cas le chemin du rapprochement désiré entre turcs et arméniens. Sincèrement, nous invitons l’opinion publique internationale à penser et à repenser, avec tous les aspects de la question, sans être partial, les présomptions de responsabilité de cette tragédie, gardant à l’esprit la mémoire bien-aimée des victimes innocentes, comprenant les 34 diplomates turcs et les membres de leurs familles, assassinées sans merci. Qu’il vienne une culture de paix, pour remplacer la culture de haine, entre turcs et arméniens.

Ankara, le 25 mars 2005

   

 

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