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Ataturquie

A TA TURQUIE, Association socio-culturelle

QUESTION ARMENIENNE

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Messieurs les Sénateurs,

Je tiens, en ma qualité de citoyenne française, à manifester toute l'indignation et la colère que m'inspire le projet de reconnaissance du génocide arménien voté par le Sénat.

Ni turque, ni arménienne et ne possédant aucune de ces deux origines, j'ai toutefois étudié l'histoire ottomane, ainsi que la chute de l'Empire au début du XX siècle. Je suis tout simplement révoltée par autant d'injustice envers le peuple turc et outrée que la propagande arménienne ait un impact aussi fort dans les esprits et bien que l'Empire Ottoman ait eu ses torts, les arméniens n'en sont pas moins les acteurs féroces et sanglants de certains épisodes de l'histoire ottomane. Qu'ils puissent faire croire à l' extermination systématique et unilatérale d'une « paisible » population locale, se faire passer pour les seules victimes de cette période, paraît tout simplement incroyable. Que cela soit accepté comme étant la seule et unique vérité, malgré tous les écrits (arméniens pour la plupart) existant et venant controverser la thèse du « génocide arménien », le paraît encore plus.

Loin de moi l'idée d'insulter ou de bafouer de quelque manière que ce soit la mémoire de toutes les victimes civiles arméniennes décédées lors de cette période de troubles (début du XX siècle - fin de l'Empire Ottoman). Ce que je désire mettre en exergue, c'est toute la souffrance, les affrontements, les pertes subies par les turcs et leur situation lors de cette même période ; c'est la réciprocité de ces massacres parmi les populations civiles, musulmanes et non musulmanes. Il est cruel de jouer ce rôle d'aveugle et d' effacer, comme si elle n'avait jamais existé, toute la souffrance du peuple turc. A ce sujet, et sans oublier toute la souffrance éprouvée par l' ensemble des ex-sujets de l'Empire Ottoman, il me semble que la mémoire des partisans de la reconnaissance du « génocide arménien » se veut bien sélective.

Puisque l'on tient tellement à se souvenir, alors n'oublions pas que : Au sein de l'Empire Ottoman, modèle de tolérance, et pendant plus de 500 ans, plus de vingt nations de religions différentes vécurent côte à côte. Délivrés de l'oppression byzantine au XI siècle par les Seldjoukides, les arméniens, et tous les autres peuples musulmans et non musulmans, se virent octroyer la possibilité de s'auto-gérer au sein de chaque communauté, de pratiquer librement coutumes, langues et religions, épisode sans précédent dans l'histoire de la colonisation. Pendant plus de 500 ans, selon la coutume turque et le droit coranique, l'Empire Ottoman a aussi protégé et garanti les droits de ces nations et n'a jamais cherché à « turquifier ». La communauté arménienne put ainsi s'épanouir librement au cour même de l' Empire Ottoman, dans un milieu culturel, religieux, social, politique et économique florissant (les arméniens étaient d'ailleurs très doués pour le commerce et tiraient de là partie de leur prospérité). Ainsi, sans différencier sujets musulmans et non musulmans, les arméniens atteignirent de hautes sphères sociales et participèrent activement et librement à la vie en communauté de l'Empire. De nombreux historiens et écrivains, des arméniens Asoghik et Mathieu d'Edesse à Voltaire, Lamartine, Claude Farrere, Pierre Loti, Noguères, Ilone Caetani, Philip Marshall Brown, Michelet, Sir Charles Wibon, Politis, Bronsard, Edgar Granville, Toynbee . ont pu faire état de la gestion de cet empire colonial, hors du commun. Pourquoi, après 500 ans de cohabitation pacifique et sans motif aucun, car aucun mobile n'est mis en exergue pour justifier le « génocide », les turcs se sont subitement convaincus de l'utilité de massacrer ce peuple là (et pas un autre).

Le monde a toujours été un échiquier aux mains des grandes puissances, qui en déplacent les pions à leur guise. Ainsi, au début du XX siècle, les arméniens se trouvent-ils au sein d'une tourmente entre Orient et Occident. Manipulés par les russes, puis par l'Europe, les arméniens, positionnés au cour même de l'Empire, jouèrent un rôle décisif dans la déstabilisation de ce dernier. Le journal arménien Dachnak Hairenik publiait, au sujet de la naissance de sentiments nationalistes arméniens, dans son édition du 28 juin 1918 : « l' éveil d'un état d'esprit révolutionnaire chez les arméniens turcs résultait des stimulations russes ». Plusieurs mouvements révolutionnaires arméniens furent les instigateurs de nombreux débordements au sein de l'Empire. Louise Nalbandian, académicienne arménienne, résume ainsi le programme arménien Hintchak : « la terreur devait servir à la fois à protéger le peuple et à le gagner au programme Hintchak. Le but du parti était de terroriser le gouvernement ottoman afin d'abaisser le prestige du régime et de hâter sa désintégration » (Arménian Révolutionary Movement, University of California Press, 1963). Quant à Papazian, il écrit : « la Fédération révolutionnaire arménienne organise des groupes révolutionnaires afin d'atteindre ses objectifs par l'insurrection » (Patriotism Perverted, Boston, Baker Press, 1934). La plupart des soulèvements s'achevait par un bain de sang collectif.

D'autre part, il me semble bon de souligner quelle était la situation de l'Empire Ottoman au début du XX siècle.

A la veille du traité de Sèvres (1920), les Alliés occupent Constantinople, les détroits ainsi que les points forts de la Thrace ; les italiens campent à Antalya et Konya, les français sont en Silicie, les grecs revendiquent l'Anatolie occidentale et les arméniens combattent aux côtés des russes. Les armées étrangères ont envahi l'Empire, ont déployé leurs troupes sur presque tout son ensemble. Cela ne se fit pas sans que le sang coule, du sang turc car enfin, comment croyez-vous que les troupes des alliés soient arrivées jusqu'aux portes de Constantinople ? Certainement pas en buvant le thé dans les villes et villages traversés . mais, nous sommes en temps de guerre, et cela justifie bien des choses. Les Alliés sont vainqueurs et le démembrement du pays est prévu (traité de Sèvres). Chacun, poussé par ses propres intérêts, attend sa part du gâteau, sans se soucier une seule seconde du devenir de tout un peuple. La place des turcs dans l'ex Empire Ottoman ? Personne n'en parle. Il fut peut-être vaguement question d'un protectorat sous contrôle américain . Simple espace géographique sur la carte, enjeu stratégique très envié, l'âme de tout un peuple allait être sacrifiée impunément. On comprendra mieux, dans ces conditions, que le mouvement d'insurrection qui s'en suivit dirigé par Mustafa Kemal, n'avait pas pour but de récupérer des colonies récemment perdues ou de tuer par plaisir, mais de lutter pour la survie du peuple turc. La situation est en effet peu encourageante. L'Empire s'effondre suite à une période de guerres ininterrompues entre 1911 et 1918. La population est décimée, elle compte une majorité de femmes, de survivants des massacres, d'estropiés, elle a subi la famine et les épidémies. Seulement 5 % des terres sont cultivables, dans des conditions très difficiles. L'artisanat est presque inexistant, l'industrie peu développée, les voies de communication presque entièrement détruites et l'électricité est un luxe. C'est en cette période peu propice et forts d'une supériorité qu'ils ne possédaient pas, que les turcs auraient procédé à un génocide ? Cela me semble défier toute logique ; à une période de leur histoire où les turcs étaient plus enclins à défendre leur vie, leur pays (ce qu'il en restait), leur devenir qu'à tuer gratuitement un peuple avec lequel ils ont partagé plus de 500 ans de vie commune.

Au vu de ces faits, on ne peut nier que les turcs aient massacré des arméniens, mais on ne peut également nier la réciproque. De plus, sur le nombre (lui aussi très controversé) d'arméniens supposés victimes d'un génocide », il ne faut pas oublier de considérer les belligérants arméniens, morts au combat, les victimes de « guerilla » régionales, les victimes des épidémies .bref, un climat d'insécurité générale qui affecta, sans exception, tous les sujets de l'Empire Ottoman. Dans le cadre d'un conflit mondial doublé de l'effondrement d'un Empire, de guerres coloniales (il serait bon de souligner au passage que tous les empires coloniaux ont perdu leurs colonies dans le sang, sans pour autant être accusés de génocide - exemple français : la guerre d'Algérie) et au vu des trois millions de turcs ayant trouvé la mort lors de cette période, il paraît hâtif et inconvenant de parler de génocide. Il n'y a jamais eu d'intention de la part des turcs d'éradiquer partiellement ou totalement la communauté arménienne de l'Empire. Les arméniens veulent que les turcs reconnaissent ces massacres (car « massacres » est déjà un mot plus approprié), alors que les arméniens reconnaissent leur part de responsabilité dans les événements de 1915, car enfin, l'Empire Ottoman n'a pas seul tous les torts.

Si certains sont tentés de croire que la reconnaissance du « génocide arménien » constitue le premier pas vers la réconciliation, ils sont soit stupides, soit naïfs . soit y trouvent leur intérêt. Au contraire, cette reconnaissance constitue une entrave certaine à une vision positive et pacifique des rapports entre les peuples. On voudrait que la Turquie reconnaisse ce qu'elle n'a pas fait, qu'elle endosse seule tous les torts, bien que chacun ait eu sa part de responsabilité dans la période de troubles de ce début de XX siècle, et qu'elle accepte de passer sous silence toutes les souffrances de son peuple et ses trois millions de morts comme s'ils n' avaient jamais existé. Sans parler du fait qu'il ne s'agit plus de la même entité (Empire Ottoman différent de Turquie). De plus, ces tentatives répétées de reconnaissance, cet acharnement ainsi que les termes très intenses employés à imputer aux turcs le « génocide arménien » tendent à faire croire à une inimitié de longue date entre les deux communautés. Pourtant, il n'en est rien, turcs et arméniens se sont longtemps côtoyés dans la paix et le respect les uns des autres et continuent de le faire encore aujourd'hui en Turquie. En effet, malgré cet épisode douloureux qui éprouva tout le monde, les arméniens de Turquie ne manifestent aucunement le désir de reconnaissance qui anime la communauté arménienne ayant émigré à l' étranger. Aussi, je me permets de mettre en exergue que ce n'est pas ceux qui demandent aujourd'hui la reconnaissance du « génocide » qui risquent d'en souffrir demain. Bien tranquille à l'étranger, la diaspora arménienne ne se soucie pas un instant de la position dans laquelle elle projette les arméniens de Turquie et d'Arménie, qui auront tôt ou tard à supporter les conséquences de ce que j'appelle le « terrorisme moral » qu'elle développe à l'égard des turcs. Autant d'affronts qui auront pour seules conséquences de dresser les uns contre les autres les peuples qui vivent en paix.

Par ailleurs, il me semble que le rôle de Tribunal de l'histoire dont s' affuble le Sénat paraît fort mal à propos. En effet, l'histoire étant ce qu' elle est, il n'appartient pas aux hommes, et encore moins à une institution politique, de décider de ce qu'elle devrait être et ce surtout au gré des influences électorales du moment. Si la préoccupation première du Sénat est, comme il l'affirme, un devoir de mémoire à vocation humanitaire, pourquoi ne vous sentez-vous pas investis du même devoir de mémoire envers toutes les victimes turques et leurs descendants ? La vie d'un turc a t-elle moins de valeur que la vie d'un arménien ? Les français d'origine turque sont peut-être moins nombreux et « moins pressants » que les français d'origine arménienne ? Si vraiment le sort tragique des peuples vous intéresse, pourquoi ne pas agir lorsque vous en avez la possibilité. Par exemple, un parmi tant d'autres, pourquoi détourner les yeux du génocide tchétchène effectué par les russes, à notre époque et sous nos yeux ? Mais, il ne s'agirait pas de contrarier cette bonne vieille Russie, si susceptible ; il est plus facile de s'en prendre à la Turquie, qui « bénéficie » déjà dans l'esprit des gens d'une image négative colportée par une politique anti-turque remontant à la fin du XIX siècle, bien mise en place et entretenue par ces mêmes personnes qui disent vouloir la paix, et ce après s'être assuré que les deux trois contrats en cours aient bien été passés.

On reconnaît aisément qu'en période de guerre, tuer l'ennemi est un acte héroïque pour lequel on discerne même des médailles. Tous les peuples du monde sans exception inscrivent dans leur histoire des guerres, des massacres et ce pour des raisons très diverses (territoriales, religieuses, politiques, idéologiques, .) mais juste quelques uns d'entre eux ont été reconnus acteurs de génocides, car la définition du génocide est particulière : c'est l'extermination systématique d'un genre humain, national, ethnique ou religieux. Pourquoi ne reconnaît-on pas au peuple turc, ravagé par de longues années de guerre et qui à sa périgée combat plus pour sa survie que par plaisir ou simple volonté d'exterminer, le contexte général de guerre dans lequel évolue l'Empire Ottoman, ainsi que l'Europe du reste, et où toutes les nations en conflit s'entre-tuent allègrement. En quoi les turcs auraient-ils, plus que les autres, commis un génocide ? Cela revient à dire qu'en cette période que fut celle de la première guerre mondiale, tout le monde pouvait et devait massacrer son voisin mais . pas les turcs ! Je ne dis pas par là qu'il aurait fallu leur donner notre bénédiction, je dis simplement qu'on regarde la paille qui est dans l'oil du voisin et que l'on ne voit pas la poutre qui est dans son oil. A côté de cela, de nombreuses nations ont commis des génocides sans en être inquiétées et pour lesquels on n'accorde aucune reconnaissance (le devoir de mémoire serait-il fonction des intérêts de la politique ?) : le génocide chilien perpétré par le gouvernement d'Augusto Pinochet, qui a été scandaleusement protégé par les anglais - les mêmes anglais qui ne se sont pas privés de faire des massacres gratuits en Inde et au Pakistan ; le génocide des tchétchènes par les russes (on l'a vu ci-dessus), le génocide des tibétains perpétré par les chinois - dont le Président, sanglant dirigeant, est accueilli avec tous les honneurs à l'Elysée) ; le génocide des bosniaques perpétré par les serbes - où là, l'ONU prêche le pardon et l'oubli ; il ne faut rien reconnaître du tout et pourvu que les choses se tassent ; sans oublier les très honorables américains et le massacre des populations civiles au Viet Nam ainsi que le lâcher de la bombe atomique sur Hiroshima en 1945, bel exemple de crime contre l'humanité organisé et prémédité qui occasionna la mort de milliers d'innocents, mais aussi des répercussions terribles sur la faune, la flore et sur la descendance des survivants marquée pour des générations et des générations. Sans parler du génocide juif pour lequel la France, pardon ., le Gouvernement de Vichy, a été l'un des rouages dans la machine de mort allemande. Nous ne parlerons pas non plus des méthodes radicales employées par la France lors de la guerre d'Algérie.

J'en arrive enfin à la liberté d'expression en France, pays des droits de l'homme et à la réalité du « négationnisme », qui mettra en situation d'illégalité toute personne qui développera une thèse contraire à celle qu' adoptera le gouvernement français lorsque la loi de reconnaissance du génocide arménien » sera acceptée ; et elle le sera, car depuis le début, cette parodie de justice devait aboutir à la condamnation et depuis le début, l'accusé est déjà jugé, sans même pouvoir se défendre. On ne lui en laisse d'ailleurs aucune chance. Que devient la liberté de penser et de s' exprimer ? Est-ce au gouvernement d'en fixer les limites ? Quant à la censure, elle est aussi présente. L'influence d'un groupe d'arméniens organisé et faisant pression sur les points sensibles des institutions clés, au cour de la politique (cf Assemblée Nationale, Sénat, .) ou au cour de l' information (cf le refus de la part de certains moteurs de recherche de répertorier des sites sur la Turquie de nature à révéler des informations choquant les arméniens ; alors que les sites faisant la promotion du nazisme prolifèrent sans aucune difficulté) suffit à s'interroger sur les valeurs qui fondent notre démocratie et les motivations de ceux qui les ébranlent si effrontément.

Je tiens donc à m'insurger contre cette reconnaissance de soi disant génocide » et proteste fermement contre le projet de loi qui y est associé.

Croyez bien que ces quelques lignes ne sont que le reflet de ce que pensent
beaucoup de français, d'origine turque ou pas.


K.M.
      

 

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