Erdogan
appelle les Chypriotes grecs à répondre positivement
(AFP
- 26/01/2006) - Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé jeudi les
Chypriotes grecs à répondre positivement aux propositions formulées mardi par Ankara et
appuyées par la Grande-Bretagne pour régler le conflit chypriote.
"Nous sommes tranquilles parce que nous avons
toujours eu une longueur d'avance" dans les efforts pour réunifier l'île, divisée
depuis 1974, a déclaré M. Erdogan à la presse au terme d'un entretien avec le chef de
la diplomatie britannique Jack Straw à l'aéroport d'Ankara.
"Nous attendons maintenant que l'autre bord effectue
un pas positif en réponse à ceux que nous avons faits", a-t-il ajouté, avant de
prendre l'avion pour Davos, en Suisse, pour participer au Forum économique mondial.
Mardi, à la veille de l'arrivée de M. Straw en Turquie,
le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül avait annoncé une série de
propositions visant à la levée réciproque des restrictions aux échanges économiques
avec l'île méditerranéenne, et à faciliter ainsi un règlement global du conflit.
Le "plan d'action" en dix points de M. Gül a
immédiatement été critiqué par le gouvernement chypriote grec, le seul reconnu
internationalement sur l'île, ainsi que par la Grèce, qui ont estimé qu'il ne contenait
rien de nouveau.
L'Onu, la Commission européenne et la Grande-Bretagne
(l'ancienne puissance coloniale à Chypre et un de ses trois Etats garants, avec la
Turquie et la Grèce) ont en revanche salué la proposition turque, jugeant qu'il fallait
l'étudier en détail.
"J'espère qu'il (ndlr: le plan d'action turc)
apportera des résultats", a déclaré jeudi M. Straw dans un entretien accordé à
la chaîne d'information CNN-Türk, considérant que les propositions turques pourraient
contribuer à créer une atmosphère propice au règlement durable de la question
chypriote.
Le secrétaire au Foreign Office, qui a effectué
mercredi une visite controversée dans les deux parties de l'île, a affirmé qu'il ne
s'était pas attendu aux réactions hostiles rencontrées chez les Chypriotes grecs.
Le président de la République de Chypre Tassos
Papadopoulos a refusé de rencontrer M. Straw en protestation contre sa visite au
président de la République turque de Chypre nord (RTCN) Mehmet Ali Talat, perçue comme
une forme de reconnaissance de l'entité unilatéralement proclamée.
"Si vous rendez visite au président de la
République de Chypre, il est absolument normal que vous passiez la ligne verte (de
démarcation entre les deux communautés, ndlr) pour rencontrer le dirigeant de la partie
chypriote turque", a estimé M. Straw, selon la traduction en turc de ses propos.
"Cela ne signifie pas la reconnaissance de la
RTCN", a-t-il souligné.
"Si on doit trouver une solution, et si on se dirige
vers une solution fédérative, avec deux parties, deux régions, (...) il est alors
nécessaire de pouvoir rencontrer les deux parties et de pouvoir s'entretenir avec les
dirigeants chypriotes turcs", a commenté le diplomate.
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