Mehmet
Ali Agca, qui avait tenté d'assassiner Jean-Paul II,
sera libre jeudi
(AFP
- 09/01/2006) - Le Turc Mehmet Ali Agca, 48 ans, qui avait été condamné à la
prison à perpétuité par la justice italienne pour avoir tenté d'assassiner le pape
Jean Paul II en 1981, sera libéré jeudi, a annoncé son avocat lundi.
"Agca sera libéré le 12 janvier", a déclaré
Me Mustafa Demirbag à l'AFP. Il purge actuellement sa peine dans une prison d'Istanbul.
Gracié début juin 2000 par le président italien Carlo
Azeglio Ciampi, Ali Agca a été extradé vers la Turquie le 14 juin, après 19 ans de
détention dans les prisons italiennes.
Dans son pays, il avait été condamné à mort par contumace en 1980 pour le meurtre en
1979 d'un journaliste turc, Abdi Ipekci. A son retour, il a aussi été condamné pour
deux attaques à main armée commises dans les années 70 à Istanbul, à un total de 36
ans de prison.
Ali Agca a bénéficié en Turquie d'une amnistie
décidée en 2002 ainsi que de réductions de peines, a indiqué son défenseur.
Il avait ouvert le feu sur le pape, le 13 mai 1981, sur
la place Saint-Pierre de Rome, le blessant à l'abdomen.
Le Saint-Père lui a rendu visite le 23 décembre 1983
dans sa cellule et lui a pardonné son geste, dont les mobiles restent mystérieux : la
Bulgarie et les services secrets soviétiques ont un temps été soupçonnés d'être
derrière cet attentat, mais ces accusations n'ont jamais été prouvées et les propos
d'Ali Agca lors de son procès ont été plus que décousus.
Jean Paul II, qui n'a jamais dit si son agresseur lui
avait fait des révélations sur d'éventuels commanditaires, avait également reçu sa
mère en 1995 au Vatican.
A la mort du pape polonais en avril 2005, Ali Agca a vainement demandé aux autorités
turques la permission d'assister aux funérailles de celui qu'il appelle son "frère
spirituel".
Né le 9 janvier 1958 dans une famille extrêmement pauvre de Hekimhan, dans la province
de Malatya (est), Ali Agca a étudié les sciences économiques à l'Université
d'Istanbul, où il avait commencé à fréquenter les milieux de l'extrême droite
nationaliste.
|